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THE GODS (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

02/11/2018

 

Même au beau milieu des sixties où presque tout restait à faire et où les musiques rock en devenir étaient encore un vaste chantier sur lequel bon nombre n'hésitaient pas à brancher leurs guitares sur secteur, pour en tester l'élasticité et au jour le jour en inventer de nouveaux contours, frontières, cadres et horizons, il fallait en avoir pour oser débarquer en tant qu'autoproclamées divinités. Et The Gods en avait, des cojones oui, mais surtout du talent. Un incommensurable talent. 

 

Et même s'ils n'étaient pas si immortels qu'ils l'auraient voulu (le groupe n'a existé que quatre ans et demi, en tout et pour tout), ils ont laissé derrière eux une poignée de singles de bonne facture et surtout deux albums absolument maîtrisés (le second est d'ailleurs un cran supérieur au premier), entre pop psyché typiquement british (on pense un tout petit peu à Idle Race, à Tomorrow ou aux Blossom Toes), prog rock naissant et un je-ne-sais-quoi annonçant Uriah Heep (mais en fait, si, je sais quoi ! —voir ci-après)…

 

Remarquez, rien que le casting avait de quoi filer le tournis. Mais laissez-moi vous narrer cela par le menu qui faisait quoi lors de sa formation en 1965. À noter déjà une grosse assise rythmique, avec les frangins Glascock, précédemment dans The Strangers (ou The Juniors, le groupe n'avait jamais réussi à se départager et se présentait alternativement sous un patronyme ou l'autre !)  : John à la basse (futur Jethro Tull) et Brian à la batterie (plus tard dans Toe Fat ou encore Captain Beyond, et même The Motels !). 

 

Aux guitares deux inconnus, dont un qui ne le restera pas longtemps : Mick Taylor. Oui, le Mick Taylor qui passera ensuite par la case Bluesbreakers avec John Mayall (en remplacement de Peter Green, excusez du peu !) avant de rejoindre les Rolling Stones. Bon, l'autre guitariste, également chanteur (Joe Konas), n'est pas à prendre à la légère non plus, et on le retrouvera également sur le second album de Toe Fat. 

 

Mais ce n'est pas tout puisque le groupe est complété par le maestro claviériste Ken Hensley, celui-là même qui formera Uriah Heep un peu plus tard, on y revient…

 

Fin 1966, The Gods fait parler de lui (et aussi pas mal la poudre) en première partie de Cream et enregistre tout début 1967 un 45 tours pour Columbia, qui sera le seul de ses enregistrements avec Mick Taylor, qui dès le mois de mai part rejoindre Mayall (pour l'album Crusade, puis Bare Wires, Blues From Laurel Canyon, etc., que du lourd !). Brian Glascock tout d'abord, puis son frère John (provisoirement, il réapparaît sur le tard), partent également voir ailleurs si l'herbe d'Albion y est plus verte, remplacés respectivement par Lee Kerslake (futur Uriah Heep aussi, on y re-revient) et Greg Lake (avant donc King Crimson et Emerson, Lake & Palmer, mais il restera dans The Gods qu'un an environ).

 

De fait, le répertoire, très axé guitare se concentre un peu plus autour des claviers d'Hensley, et ce même s'il assure lui-même aussi quelques parties de gratte (ainsi que des percussions) et leurs deux albums de combiner habilement psychédélisme, pop délurée, prog grandiloquent et classic rock plus plombé (dans le bon sens du terme). 

 

Plus tard, on retrouvera donc une bonne partie des membres de The  Gods pour deux autres jardins d'Eden encore plus éphémères mais tout aussi recommandables. D'une part Toe Fat qui, avec l'ajout du chanteur Cliff Bennett, plus orienté rhythm & blues et soul avec son groupe The Rebel Rousers (leur premier single remonte à juillet 1961, ceci expliquant aussi cela), sortira deux albums en 1970. D'autre part, Head Machine, toujours en 70 (comme le premier Uriah Heep, on y re-re-revient !) et son gargantuesque et orgasmique Orgasm, moins clairement orienté prog que Toe Fat, ou disons encore joliment contaminé d'un psychédélisme en totale perte de vitesse…

 

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

DISCOGRAPHIE :

 

Genesis (1968) ***1/2

To Samuel A Son (1969) ****1/2 — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ 

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF  :

  1. The Gods « Towards The Skies » (The Gods, 1968)

  2. The Gods « Hey Bulldog » (single, 1969)

  3. The Gods « To Samuel A Son » + « Eight O’Clock In The Morning » (To Samuel A Son, 1969)

  4. The Gods « Misleading Colours » (The Gods, 1968)

  5. The Gods « Sticking Wings On Flies » + « Lady Lady » (To Samuel A Son, 1969)

  6. The Gods « Candlelight » (To Samuel A Son, 1969)

  7. The Gods « Somewhere In The Streets » (B side du single « Baby’s Rich », 1968)

  8. The Gods « Lovely Anita » (To Samuel A Son, 1969)

  9. The Gods « Farthing Man » + « I Never Know » (The Gods, 1968)

  10. The Gods « Groozy » (To Samuel A Son, 1969)

 

Déjà paru :

BangBlack Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

Fleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail Riders Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt ;

Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

"Nador" des Variations (03/11), "Ginhouse" de Ginhouse (04/11), The Rave-Ups (05/11), Blackfire—"Rumble, The Indians That Rocked The World" (film) (06/11), Roger Taylor (Queen) (07/11), Brian May (Queen) (08/11), Eric McFadden (09/11), "Lost Territories" de Little Bob (10/11), "The Unforgiven" de The Unforgiven (11/11), Alice Cooper (12 au 16/11 inclus !), "The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars" de David Bowie (17/11), "Hearts & Minds" de Hearts & Minds (18/11), Wild Turkey (19/11), FFS (Franz Ferdinand + Sparks) (20/11), …

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Asherton (Johan), Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sam Gopal, Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

Frank Zappa…

 

À venir également sur Radio Perfecto :

— 10/11 : retransmission du concert de Little Bob & The Blues Bastards depuis le Magic Mirrors du Havre.

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