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JIMME O'NEILL "REAL" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

11/02/2019

Parfois, la confection et donc l’existence d’une petite pépite musicale ne tient pas à grand-chose. Il peut y avoir les tiraillements internes à tout groupe, avec tout ce que l’aspect faussement démocratique de la chose implique par ailleurs (chassez l’ego, il revient au galop), mais souvent un groupe c’est une personne entourée de quelques autres et les dommages collatéraux proviennent plus sûrement et plus clairement des structures (label, tourneur…) et de l’entourage professionnel (producteur, manager…).

 

Chacun a son idée sur la chose en gestation et il est rare qu’il y ait une vraie concordance artistique entre ce qui trotte dans la caboche du géniteur patenté et de quelle façon « les autres » aimeraient triturer ce maelström créatif en devenir. 

 

Il faut donc parfois accepter de voyager léger, une petite valise avec quelques mélodies, des bribes de lyrics auxquelles on tient, des choses simples. Et puis, entre deux singles potentiels, entre deux chansons un peu faciles, on arrive à glisser quelques titres qui nous tiennent à cœur et dont l’importance à nos yeux et oreilles est tout autre. 

 

C’est un peu comme ça que je vois le Jimme O’Neill des Silencers, capable de « Painted Moon » ou de « Bulletproof Heart » (deux compositions absolument extraordinaires, là n’est pas la question), mais aussi d’un « Something Worth Fighting For » ou d’un « Scottish Rain » (trente ans après, on demeure scotché par ces sept minutes et quelque… magiques, pas moins). 

 

Quand on se penche de manière plus pointilleuse sur la trajectoire du groupe écossais, on en distingue mieux les perturbations, les mutations et, au final, on en comprend d’autant mieux l’évolution. Car il y a une implacable logique derrière tout cela et cette logique, c’est celle d’un homme, Jimme O’Neill, un homme qui a accepté de troquer sa valise trop étriquée contre une bonne grosse malle bourrée à craquer de sentiments, d’émotions, de « vérités ». 

 

Un homme qui a bourlingué, changé de vie (de femme, de pays de résidence…), un homme qui se remet perpétuellement en question (partie prenante de plusieurs formations apparemment antagonistes, musicalement parlant), un homme qui a appris à se satisfaire de peu (la production moins alambiquée de Receiving, par exemple) et qui a compris que le chiffre de ventes d’un album n’avait strictement rien de proportionnel avec la qualité dudit album (la probable déception du score mediocre du bien nommé So be It, en 95, pourtant probablement le meilleur album des Silencers ou tout du moins le mieux équilibré). 

 

Cet homme, le voici « pour de vrai », sans le moindre filtre, sans frein, sans personne pour lui dicter quoi que ce soit, avec Real, un disque (solo, sorti en 2008) aussi riche émotionnellement parlant qu’il peut paraitre aride de prime abord. 

 

Car si l’on navigue ici en terrain résolument acoustique, dans ce qu’on pourrait appeler, in fine, un « album à textes », il y a beaucoup à vivre et donc à dire de cette quinzaine de compositions personnelles. 

 

Mis à part les échos logiques aux Silencers (« To the Country » par exemple), ce qui surprend, c’est le bel exercice d’équilibrisme entre légèreté et complexité, entre évidence et énigmatisme, c’est à quel point le disque s’étoffe, prend son envol, d’une écoute à l’autre. 

 

Pour ma part, j’ai eu le privilège d’écouter la majorité de ces chansons longtemps avant leur sortie officielle, difficile donc de me souvenir de la façon dont elles m’ont attrapé, se sont accrochées à ma carcasse, mais ce qui est certain, c’est qu’elles ont creusé leur sillon, font désormais un peu partie de moi. 

 

Deux titres sortent du lot, c’est mon avis et je le partage : « Dark Xstasy » car c’est un concentré tubesque par accident, une évidence dès la toute première écoute, la perle noire du disque ; et « Meltdown Love Hymn », titre parlé plus que chanté, admirablement écrit, qui, pensais-je à l'époque, allait ouvrir un nouveau chapitre dans la carrière déjà bien remplie d’un être humain fait musicien. Alors que Jimme allait à nouveau surprendre, en montant d'une part les très fifties et rockab' Honkytonk Hicks, puis le Celtic Social Club

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Jimme O’Neill « Dark Xtasy » (Real, 2008)

  2. The Silencers « Something Worth Fighting For » (So Be It, 1995)

  3. The Silencers « The Real McCoy » (A Blues For Buddha, 1988)

  4. The Silencers « Painted Moon » (A Letter From St Paul, 1987)

  5. The Silencers « Bulletproof Heart » (Dance To The Holy Man, 1991)

  6. Jimme O’Neill « To The Country » (Real, 2008)

  7. The Silencers « I Can Feel It » (Seconds Of Pleasure, 1993)

  8. The Silencers « Number One Friend » (So Be It, 1995)

  9. Jimme O’Neill « Meltdown Love Hymn » (Real, 2008)

  10. The Silencers « Scottish Rain » (A Blues For Buddha, 1988)

 

Déjà paru :

Alarm (The) (Declaration, 1984) Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Alice Cooper part 6Alice Cooper part 7 Alice Cooper part 8Alice Cooper part 9Armageddon ("Armageddon", 1975) Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBig Country ("The Crossing", 1983) — Blackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) — Butler (John) Trio ("Sunrise Over Sea", 2004) — Buzzcocks ;

CactusCaptain BeyondCars (The) ("The Cars", 1978)Cars (The) ("Panorama", 1980) — Chameleons (The) — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977) — Church (The) ("The Blurred Crusade", 1982) — Cousins (Dave) ("Two Weeks Last Summer", 1972) — Cowboy Nation ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The) — Dubrovniks (The) — Dust

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) — Grant Lee Buffalo ("Fuzzy", 1993) — Greatest Show On Earth (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) — Hendrix (Jimi) ("Voodoo Soup", 1995, part One)Hendrix (Jimi) ("Voodoo Soup", 1995, part Two) — Hoodoo Gurus ;

Jo Jo Gunne ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009)Last Barons — Led Zeppelin Part 1Led Zeppelin Part 2 — Led Zeppelin Part 3  Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys — Lords Of The New Church (The) ("The Lords Of The New Church, 1982) — Lyres ;

Malin (Jesse)  — Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994) — Mumford And Sons ("Sigh No More", 2009) — Murphy (Elliott) ("Selling The Gold", 1995)

New York Dolls ("New York Dolls", 1973) ;

101'ers (The)

Patto ("Patto", 1970) — Peer Günt — Petty (Tom) ("The Last DJ", 2006)Pink Fairies — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Quill ("Quill", 1970)

Rainmakers (The) "Skin" (1996)Ramones ("Mondo Bizarro") — Rave-Ups (The) Reed (Lou) — Replacements (The) ("Let It Be", 1984) ;

Sam Gopal ("Escalator", 1969)Satriani (Joe) 80's part 1 Satriani (Joe) 80's part 2Satriani (Joe) 80's part 3 — Scott (Mike) ("Bring 'Em All In", 1995)Senseless Things — Sheriff (Les)Sixteen Horsepower — Smithereens (The)Soul Aylum ("Let Your Dim Light Shine", 1995) — Spedding (Chris) — Springsteen (Bruce) (The Ghost Of Tom Joad, 1995) ; 

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2) — The The ("Soul Mining", 1983) Tolman (Russ)

Uncle Tupelo ("No Depression", 1990) Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) — Violent Femmes ("Violent Femmes", 1983)  Violent Femmes ("Hallowed Ground", 1984) — Violent Femmes ("The Blind Leading The Naked", 1986) ; 

Waterboys (The) ("The Waterboys", 1983)Waterboys (The) ("A Pagan Place", 1984) — Waterboys (The) ("This Is The Sea", 1985) — Westerberg (Paul) (Eventually, 1996) — Wild Turkey — Workman (Hawksley) ("Treeful Of Starling", 2006) ;

X ("Los Angeles", 1980) ;

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Surprises !…

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

The Primevals, Prince, The Proclaimers…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stewart (Rod), Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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