© 2019 Radio Perfecto | vie privée

THE CARS "THE CARS" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

19/01/2019

Si l’on devait poursuivre l’analogie automobile pour décrire The Cars et leur musique, ce serait un modèle de voiture avant-gardiste, mais bien que résolument moderne s’appuyant sur de solides bases classiques rock, soit un rythmique au cordeau et des riffs de guitare francs du collier.

 

L’approche de Ric Ocasek, le chanteur, rappelle un peu celle d’un Todd Rundgren (ils ont aussi un peu la même bouillie d’ahuri gentiment perché), amusant d’ailleurs que ce soit le producteur chanteur compositeur multi-instrumentiste (et fondateur des mythiques Nazz —non, pas le groupe d’Alice Cooper, l’autre !— et Utopia) qui ait été choisi et appelé vers 2005 pour remplacer Ocasek derrière le micro des The New Cars, où il assurait aussi la guitare rythmique, comme on peut l’entendre sur l’album It’s Alive, paru en 2006 et contenant par ailleurs trois titres studio (composés par le trio Rundgren-Easton-Hawkes) de facture correcte, sans plus, disons fonctionnelle après toutes les pépites accumulées dans la besace des Cars originaux.

 

Revenons-en d’ailleurs à la formation de ce groupe, annonçant depuis la toujours très remuante Boston la frange de la new wave la plus énergique (le mariage des claviers et des guitares), un peu à la manière de Squeeze en Angleterre… Rembobinons même jusqu’au milieu des sixties !…

 

Ric Ocasek rencontre le bassiste Benjamin Orr (c’est lui qui chante sur « Drive », le plus gros tube du groupe, #3 aux charts US —et sans doute aussi leur titre le plus inécoutable, sorte de ballade mièvre insipide, mais c’est une toute autre histoire, et le disque en question, Heartbeat City, est leur cinquième, nous en sommes encore loin), après l’avoir vu jouer sur une petite scène locale (nous sommes à Cleveland) avec son groupe d’alors, The Grasshoppers

 

Ocasek et Orr se côtoient quelque temps, mais rapidement chacun reprend son chemin, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent toute fin des années 60, pour former un groupe du nom de ID Nirvana (!!) qui, rapidement, change de nom pour Milkwood, une sorte de CS&N (!!!) très folk rock campagnard où nos deux zozos sont déguisés en conséquence (cheveux touffus, big moustache et chemise à carreaux !!) tout en répondant à leur véritable patronyme respectif, à savoir Richard Otcasek et… Benjamin Orzechowski.

 

Ce n’est pas ce qui explique le flop retentissant du disque, par ailleurs chaudement recommandable et qui a même plutôt bien vieilli, mais le fait que leur label, Paramount Records, était alors (nous sommes en 1972) en pleine débandade. Aucun single n’est publié, l’album n’est pas promotionné et tout le monde l’a déjà oublié avant même d’en connaitre l’existence. À noter la présence en guest, au saxophone baritone d’un certain Greg Hawks, oui le Greg Hawkes avec un E des Cars, qui assure chez eux claviers, guitares, également saxophone (sur les deux premiers albums) et backing vocals… et même la basse au moment de la brève réformation du groupe, en 2010-2011, puisque Benjamin Orr est mort dès le changement de millénaire.

 

C’est encore la paire Ocasek-Orr, qui joue dans la rue sous la forme d’un duo acoustique, et qui est naturellement à la manœuvre au moment d’écrire les premières chansons des bientôt Cars, avant que n’arrive le guitariste Elliot Easton, avec lequel ils forment Cap’n Swing. À l’époque, Ocasek, qui assure la guitare rythmique, est un rocker pur et dur (c’est Orr qui chante, d’ailleurs !) et bien vite il ne supporte plus son batteur, qu’il juge trop mou, et son bassiste, trop orienté jazz à son goût. Benjamin Orr passe donc à la basse et le (déjà) second batteur est remplacé par l’excellent David Robinson (ex-Modern Lovers et DMZ, excusez du peu !). Finalement, leur pote Hawkes, qui vient de se prendre de passion pour les claviers, rejoint les (désormais) Cars, avec dans sa tête des idées de sequencing et de lignes de claviers syncopées jusqu’alors jamais esquissées.

 

On retrouve sur ce premier album l’identité musicale du quintet dans ce qu’elle a de plus arc-boutée et directe à la fois. Amusant d’ailleurs de noter que deux titres composés pendant les premières sessions de travail (« Ta Ta Wayo Wayo » et « Leave Or Stay ») ont été ressortis bien plus tard d’un chapeau (ou du double fond d’un tiroir fermé à double tour, allez savoir) pour l’album Door To Door, leur sixième et dernier… et le plus indiscutablement rock de leur discographie. 

 

Deux énormes tubes figurent sur ce premier album éponymes, « Just What I Needed » et « My Best Friend’s Girl », auxquels il faut ajouter « Good Times Roll », moins percutant commercialement parlant mais sans doute encore plus percutant musicalement (et ouverture idéale du disque), qui permettent au groupe d’être sur toutes les ondes, et à l’album de s’écouler à plus d’un million d’exemplaires, rien que sur le sol états-unien, entre le moment de sa sortie (le 6 juin 78 pour être tout à fait exact) et la fin de l’année. La force du disque est que, malgré le choix obligatoire de singles, aucun morceau n’est réellement inférieur à l’ensemble  (hormis peut-être « I’m In Touch With Your World ») et beaucoup deviennent quand même des favoris de nombreuses radios, en tête de file desquels on retrouve « Moving In Stereo » et « You’re All I’ve Got Tonight ».

 

L’album est produit par Roy Thomas Baker, qui n’a pas encore pété un boulard et dont la carrière, rappelons-le, débuta au sein du mythique Decca Records, alors qu’il n’avait que 14 ans !… Baker qui, rappelons-le également, a notamment travaillé avec et pour The Rolling Stones, The Who, David Bowie, Free, Queen, T.Rex, Be Bop Deluxe ou encore Nazareth (pour ne citer que des britanniques !). À partir du milieu des 70’s, il travaille beaucoup plus aux États-Unis, avec un son majoritairement très AOR (Cheap Trick, Starcastle, Journey, Foreigner…) et même si l’on sait depuis lors que les Cars étaient la « chose » d’Ocasek et Orr dès le début (ils signent l’intégralité des morceaux de ce premier album… et de tous les autres albums à suivre !), l’apport de Greg Hawkes et d’Elliot Easton a toujours été prépondérant et ils sont l’entité bicéphale qui en a façonné le son, avec donc l’appui non négligeable de Baker, qui produit tout de même les quatre premiers albums du groupe, tous recommandables et même indispensables.

 

The Cars c’est 37 minutes low fat, assurées avec un aplomb mélodique sans faille, pour une power pop elle-même surmultipliée de paroles parmi les plus élaborées du moment. Rien n’y est laissé au hasard et au contraire tout y est millimétré, sans toutefois que l’on se sente prisonnier du moindre carcan ou victime de redite. Ce n’est pas vraiment de la new wave, mais quand même un peu. C’est très rock, mais ça ne ressemble à rien de ce que le rock avait produit jusqu’alors. Et même les claviers, pourtant ennemis jurés de bon nombre d’amateurs de musique rock (dont votre serviteur) nous secouent la pulpe plus que de raison. Un classique, qu’on vous dit. Un must, qu’on insiste. Hop, en voiture !…

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

  

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. The Cars « Good Times Roll » (The Cars, 1978)

  2. The Cars « My Best Friend’s Girl » (The Cars, 1978)

  3. The Cars « Just What I Needed » (The Cars, 1978)

  4. The Cars « Don’t Cha Stop » (The Cars, 1978)

  5. The Cars « You’Re All I’Ve Got Tonight » (The Cars, 1978)

  6. The Cars « Bye Bye Love » (The Cars, 1978)

  7. The Cars « Moving In Stereo » (The Cars, 1978)

  8. The Cars « All Mixed Up » (The Cars, 1978)

  9. The Cars « They Won’t See You » (démo) (The Cars Deluxe Edition, 1999)

  10. The Cars « You Just Can’t Push Me » (démo) + « Hotel Queenie » (démo) (The Cars Deluxe Edition, 1999)

 

Déjà paru :

Alarm (The) (Declaration, 1984) Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Alice Cooper part 6Alice Cooper part 7 Alice Cooper part 8Alice Cooper part 9 Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBig Country ("The Crossing", 1983) — Blackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) — Butler (John) Trio ("Sunrise Over Sea", 2004) — Buzzcocks ;

CactusCaptain BeyondChameleons (The) — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977) — Church (The) ("The Blurred Crusade", 1982) ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) — Grant Lee Buffalo ("Fuzzy", 1993) — Greatest Show On Earth (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009)Led Zeppelin Part 1Led Zeppelin Part 2 — Led Zeppelin Part 3  Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys — Lords Of The New Church (The) ("The Lords Of The New Church, 1982) — Lyres ;

Malin (Jesse)  — Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994) — Mumford And Sons ("Sigh No More", 2009) — Murphy (Elliott) ("Selling The Gold", 1995)

New York Dolls ("New York Dolls", 1973) ;

101'ers (The)

Peer Günt — Petty (Tom) ("The Last DJ", 2006) — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rainmakers (The) "Skin" (1996) — Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sam Gopal ("Escalator", 1969)Satriani (Joe) 80's part 1 Satriani (Joe) 80's part 2Satriani (Joe) 80's part 3 — Scott (Mike) ("Bring 'Em All In", 1995) — Sheriff (Les)Sixteen Horsepower — Smithereens (The)Soul Aylum ("Let Your Dim Light Shine", 1995) — Spedding (Chris) — Springsteen (Bruce) (The Ghost Of Tom Joad, 1995) ; 

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2) — Tolman (Russ)

Uncle Tupelo ("No Depression", 1990) Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) — Violent Femmes ("Violent Femmes", 1983)  Violent Femmes ("Hallowed Ground", 1984) — Violent Femmes ("The Blind Leading The Naked", 1986) ; 

Westerberg (Paul) (Eventually, 1996) — Wild Turkey — Workman (Hawksley) ("Treeful Of Starling", 2006) ;

X ("Los Angeles", 1980) ;

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Led Zeppelin (part 4, etc.), Midnight Oil part 5 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stewart (Rod), Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

VIETNAM "VIETNAM" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

03/03/2019

1/10
Please reload

Posts Récents