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MIKE SCOTT "BRING 'EM ALL IN" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

17/01/2019

 

Mike Scott est un génie. Début 81, avec son groupe Another Pretty Face, il est à la BBC pour la célèbre émission de John Peel, et les sessions qui allaient bien avec. Le quatuor livre une version incendiaire de « Out Of Control » (disponible bien plus tard sur la compilation anglaise The Secret Life Of The Waterboys) qui porte à merveille son nom, grâce notamment à une incroyable variation de rythmes et un solo ahurissant.

 

Nigel Grainge, à l’époque big boss du label Ensign, écoute la radio dans sa voiture, et demande à son chauffeur de se diriger immédiatement vers les studios de la BBC pour y signer illico Mike Scott, qui transforme le nom de son groupe en The Waterboys.

 

Figure emblématique du groupe, multi-instrumentiste, compositeur et parolier inspiré, mais aussi producteur, Mike éclate les charts dès le premier album au hit planétaire « A Girl Called Johnny »

 

Six albums des Waterboys suivront avant cette première (sur deux) escapades en solitaire, tous différents, reflets flous des incessants voyages de notre homme entre Glasgow et Londres, puis entre l’Irlande et New York où il s’installe assez longuement. 

 

Sa musique le suit : simple et émotionnelle dans The Waterboys, plus tendue dans A Pagan Place, mature et incandescente dans l’incontournable This Is The Sea, partagée et déjà celtique dans Fisherman’s Blues, profondément celtique dans Room To Roam, urbaine et calibrée dans Dream Harder.

 

Mike Scott est impalpable, il parle peu ou par énigmes, mais pense beaucoup. Beaucoup trop, au point d’être son critique le plus dur, celui qui force aux changements perpétuels, à la remise en question permanente comme principal fuel, celui qui arrive à faire croire l’incroyable : que This Is The Sea n’était pas si réussi que cela, qu’il fallait encore et toujours chercher ailleurs, creuser, siphonner, sans relâche…

 

C’est cette peur de la perfection comme point de non retour qui l’a conduit sur d’autres rivages, ceux de l’Irlande, comme un besoin de se ressourcer, voire même de se « sourcer » ailleurs et autrement, d’effacer le tableau noir de ses nuits blanches pour y griffonner de nouvelles obsessions mélodiques…

 

Une parenthèse reposante, souriante et éthérée… Et une nouvelle boucle se ferme encore une fois et le Mike Scott livre au génie Mike Scott son conseil le plus audacieux : foncer vers une toute autre extrémité, les yeux (mais pas les oreilles) bandés, sans se retourner ni sourciller, et parcourir l’asphalte de la ville la plus écrasante qui soit, New York

 

Le compositeur s’y perd, panse et pense, encore et toujours, puis assassine son double critique. Sans trahison, les yeux dans les yeux. Il jette également le sobriquet Waterboys qui, à l’instar du The The de Matt Johnson, ne cachait  plus que son propre talent depuis longtemps, et retourne chez lui, en Écosse, pour enregistrer, enfin, un album sous son nom, Bring ‘Em All In

 

Sur la pochette, il ne se camoufle plus derrière le flou artistique des premiers albums. Il regarde droit vers l’objectif, d’un œil perçant, l’autre caché par sa main, parce qu’il n’est pas encore tout à fait prêt à affronter ses propres démons, même si son travail sur lui semble en prendre le chemin. 

 

Le morceau-titre résonne d’emblée comme une déclaration d’intention (« bring ‘em all in to my heart »). Folk rock racé, timbre vocal chargé d’émotions, Mike Scott est toujours un génie. Ici, il se maîtrise comme jamais, contrôle son art : le bourdonnement électrique retenu de « Iona Song » en est la preuve la plus flagrante.

 

Mike Scott se raconte, par tranches de vies passées, parfois pansées, ou pensées —souvent impalpables— tranchées autant que tranchantes, et revisite mentalement ainsi que musicalement certains endroits stratégiques : « Edinburgh Castle », « City Full Of Ghosts (Dublin) ». Sans oublier le voilage au bout de l’amer « Long Way To The Light », sur lequel il revient sur son périple, ses erreurs passées et son combat pour retrouver ce qu’il appelle la lumière.

 

Harmonica, piano, guitare(s), basse, Mike est partout, seul face à son présent, rieur de son destin incertain, enfin (momentanément ?) débarrassé de ses craintes. La veille, il était encore un génie qui se posait trop de questions. Là, il laissait éclater ses sentiments, non sans une certaine légèreté (feinte ?) même parfois, et s’acceptait tel qu’il est réellement : frêle, divisé, pudique et bel et bien vivant. Tout bonnement génial.

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Mike Scott « Bring ‘Em All In » (Bring ‘Em All In, 1995)

  2. Mike Scott « Iona Song » + « Edinburgh Castle » (Bring ‘Em All In, 1995)

  3. Mike Scott « What Do You Want Me To Do » (Bring ‘Em All In, 1995)

  4. Mike Scott « I Know She's » (Bring ‘Em All In, 1995)

  5. Mike Scott « City Full Of Ghosts (Dublin) » (Bring ‘Em All In, 1995)

  6. Mike Scott « Wonderful Disguise » (Bring ‘Em All In, 1995)

  7. Mike Scott « Sensitive Children » + « Learning To Love Him » (Bring ‘Em All In, 1995)

  8. Mike Scott « She Is So Beautiful » + « Wonderful Disguise Reprise » (Bring ‘Em All In, 1995)

  9. Mike Scott « Long WayTo The Light » (Bring ‘Em All In, 1995)

  10. Mike Scott « Building The City Of Light » (Bring ‘Em All In, 1995)

 

Déjà paru :

Alarm (The) (Declaration, 1984) Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Alice Cooper part 6Alice Cooper part 7 Alice Cooper part 8Alice Cooper part 9 Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBig Country ("The Crossing", 1983) — Blackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) — Butler (John) Trio ("Sunrise Over Sea", 2004) — Buzzcocks ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977) — Church (The) ("The Blurred Crusade", 1982) ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) — Grant Lee Buffalo ("Fuzzy", 1993) — Greatest Show On Earth (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009)Led Zeppelin Part 1Led Zeppelin Part 2 — Led Zeppelin Part 3  Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys — Lords Of The New Church (The) ("The Lords Of The New Church, 1982) — Lyres ;

Malin (Jesse)  — Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994) — Mumford And Sons ("Sigh No More", 2009) — Murphy (Elliott) ("Selling The Gold", 1995)

New York Dolls ("New York Dolls", 1973) ;

101'ers (The)

Peer Günt — Petty (Tom) ("The Last DJ", 2006) — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rainmakers (The) "Skin" (1996) — Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sam Gopal ("Escalator", 1969)Satriani (Joe) 80's part 1 Satriani (Joe) 80's part 2Satriani (Joe) 80's part 3 — Sheriff (Les)Sixteen Horsepower — Smithereens (The)Soul Aylum ("Let Your Dim Light Shine", 1995) — Spedding (Chris) — Springsteen (Bruce) (The Ghost Of Tom Joad, 1995) ; 

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2) — Tolman (Russ)

Uncle Tupelo ("No Depression", 1990) Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) — Violent Femmes ("Violent Femmes", 1983)  Violent Femmes ("Hallowed Ground", 1984) — Violent Femmes ("The Blind Leading The Naked", 1986) ; 

Westerberg (Paul) (Eventually, 1996) — Wild Turkey — Workman (Hawksley) ("Treeful Of Starling", 2006) ;

X ("Los Angeles", 1980) ;

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Led Zeppelin (part 4, etc.), Midnight Oil part 5 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stewart (Rod), Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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