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JOHN BUTLER TRIO "SUNRISE OVER SEA" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

29/12/2018

S’il ne devait en rester qu’un, ce serait très probablement John Butler (Trio). Il est, de fait, à nos yeux (et surtout oreilles) l’artiste le plus important à avoir émergé de la première décennie du nouveau millénaire.

 

Celui qui, également, lui correspond le mieux. Concerné, engagé, militant même, respectueux de son public (billets de concerts peu onéreux, salles à taille humaine —jusqu’à peu et donc dans la mesure du possible—, conditions acoustiques optimales, gros travail sur le son… tous les jours –il peut passer trois, voire quatre heures en balance !!), de ses pairs (il tient toujours à pousser ses premières parties qui sont tout sauf des faire-valoir) et de l’environnement (disques imprimés en digipak sur papier recyclé, qu’il a parfois été jusqu’à payer de sa poche —Lava/Warner qui refusait de sortir ce Sunrise Over Sea tel quel aux States, d’ailleurs la France ne s’est pas gênée ensuite pour nous balancer un boitier cristal de m**** !… 

 

Musicalement, c’est aussi le carton plein parfait, avec une alliance impressionnante de technique, d’inventivité, de « nouveauté », de feeling, avec un mélange de folk rock « organic » multi-vitaminé, parfois teinté de vibes reggae aux rythmes traînants et à l’intonation « roots man », parfois dopé par des beats pop, et toujours tartiné d’un accent aussie à couper à la machette. 

 

Mais Butler, c’est aussi un look ; du moins, c’était aussi un look, car pour April Uprising en 2010 et —déjà !— le troisième changement de line-up du JBT (le meilleur fut celui qui tourna à partir de la tournée de Sunrise Over Sea, avec Michael Barker et Shannon Birchall, mais malheureusement ne l’enregistra pas, ce qui n’empêche pas la rondelle d’être juste impériale), il décida de calmer un peu le jeu de ce côté-ci. 

 

Mais en 2004, notre homme arbore des ongles longs à faire pâlir d’envie une secrétaire de chez Peggy Sage, un visage d’ange noyé sous un flot de dreadlocks enchevêtrés, l’œil d’une biche et le mordant d’un lion ; le tout grattant sauvagement une guitare onze cordes (mais il s’est mis ensuite à l’électrique « classique ») et semant la bonne parole en même temps que la zizanie. 

 

Car si ses styles brouillent un peu les pistes, ses propos, eux, sont clairs et sans détour. Sous ses airs d’happy hippy, John Butler est bel et bien un militant ayant de sérieux messages à faire passer. Ses textes engagés et incisifs sont des couteaux chauffés à blanc remués dans les plaies cachées de la politique australienne. 

 

De la déforestation massive au nom du dieu Money, à la duplicité vénale des politiciens, sans oublier la politique exonopho-pas-très-gentille du pays… Bref, John Butler joue aussi bien sur les cordes tendues de sa guitare que sur les cordes sensibles de son pays. 

 

Enfin, la « Butler attitude » ne serait pas complète (ni possible) sans une totale liberté artistique. Et pour cela, JBT a trouvé la solution imparable : être son 'propre patron' et conserver, de fait, un tel Graal créatif, ce qu’il aura réussi plus ou moins jusqu’à Grand National en 2007, après quoi tout paraît un peu plus confus (musiciens virés, changement de tourneur et de label en France, avec une évidente recherche de brouzoufication intensive par ses derniers : concert au Zénith, etc,), mais sans le succès d’antan, Sunrise Over Sea demeurant le haut de la pyramide JBT, notamment en Australie où le disque fût cinq fois platine, record de ventes à ce jour pour un album indépendant. 

 

En mars 2004, un an donc avant la sortie de ce disque ici en France, j’écrivais dans feu ma revue "Crossroads" : « une musique qui va vous retourner sur place, vous vider et vous laisser là, pantelant, jusqu’à ce que vous ayez, pour les plus courageux d’entre vous, la force de vous en reprendre une dose. Le plus insidieux de l’histoire, c’est qu’à la première écoute, on sent qu’on est en train de vivre quelque chose d’assez exceptionnel, mais de pareilles occasions sont si rares qu’on ne se rend compte de l’étendu des dégâts que quand c’est trop tard, à la troisième ou quatrième écoute… Rappelez-vous bien de ce nom : The John Butler Trio et souvenez-vous que la contagion est proche (à condition qu’un distributeur bien intentionné se décide à mettre en vente l’objet du délit, faute de quoi il faudra attendre qu’une major leur tombe sur le paletot, ce qui ne devrait pas tarder) !… ». 

 

Amusant, n’est-il pas ?

 

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. John Butler Trio « Treat Yo Mama » (Sunrise Over Sea, 2004)

  2. John Butler Trio « Peaches & Cream » (Sunrise Over Sea, 2004)

  3. John Butler Trio « Company Sin » (Sunrise Over Sea, 2004)

  4. John Butler Trio « Betterman » (Sunrise Over Sea, 2004)

  5. John Butler Trio « Damned To Hell » + « Hello » (Sunrise Over Sea, 2004)

  6. John Butler Trio « Seeing Angels » (Sunrise Over Sea, 2004)

  7. John Butler Trio « There’ll Come A Time » (Sunrise Over Sea, 2004)

  8. John Butler Trio « Zebra » + « Mist » (Sunrise Over Sea, 2004)

  9. John Butler Trio « Oldman » (Sunrise Over Sea, 2004)

  10. John Butler Trio « Betterman » (US Radio Version) + « Treat Yo Mama » (Country Funk Vision) (What You Want, australian CD single bonus tracks, 2004)

Déjà paru :

Alarm (The) (Declaration, 1984) Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Alice Cooper part 6Alice Cooper part 7 Alice Cooper part 8Alice Cooper part 9 Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) — Buzzcocks ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009)Led Zeppelin Part 1Led Zeppelin Part 2 — Led Zeppelin Part 3  Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

New York Dolls ("New York Dolls", 1973) ;

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rainmakers (The) "Skin" (1996) — Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Satriani (Joe) 80's part 1 Satriani (Joe) 80's part 2Satriani (Joe) 80's part 3 — Sheriff (Les)Sixteen Horsepower — Smithereens (The)Soul Aylum ("Let Your Dim Light Shine", 1995) — Spedding (Chris) — Springsteen (Bruce) (The Ghost Of Tom Joad, 1995) ; 

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2) — Tolman (Russ)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Westerberg (Paul) (Eventually, 1996) ;

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Led Zeppelin (part 4, etc.), Wild Turkey (31/12), Midnight Oil part 5 (01/01)…Sam Gopal… 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stewart (Rod), Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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