© 2019 Radio Perfecto | vie privée

LED ZEPPELIN PART 3 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

26/12/2018

Chapitre 3 — L'âge de plomb

Chapitre 1 ————>>> CLIQUEZ ICI ! <<<————

Chapitre 2 ————>>> CLIQUEZ ICI ! <<<————

 

En moins d'une année d'existence, Led Zeppelin avait révolutionné la musique rock au sens large et plus particulièrement dynamité un blues boom pourtant vigoureux, nucléarisé un hard rock à peine balbutiant en gangrénant ses contemporains de riffs coups de boutoir jamais entendus avant eux, tout en assurant pas moins de quatre tournées US, quatre tournées UK et l'enregistrement de son second album, Led Zeppelin II, mis en boîte sur la route et dans différents studios disséminés un peu partout.

 

De fait, quand paraît ce second missile, si le répertoire du groupe reste construit autour d'un esprit jam rock puisant beaucoup dans les standards du blues, et un peu dans un folk autrement plus racé, nous sommes définitivement en plein défrichement du hard rock tel que nous allons le connaître rapidement, et beaucoup d'ailleurs considèrent cet album comme le tout premier de l'histoire à peine en éclosion de ce genre qui allait rapidement envahir les ondes (et les magasins de disques). 

 

De toute manière, qu'est-ce que le hard rock originel (pas le heavy, ni le stoner rock, hein !) si ce n'est la triplette Skip James/Muddy Waters/Howlin' Wolf passée par la moulinette du british blues, avec également quelques menus chahutages du côté d'un rock’n’roll passé au surmultiplié, voire carrément du côté du garage rock le plus craspec ?

 

Des Anglais rockants les plus trublionnesques de l'époque, c'est effectivement ce Led Zeppelin II qui a été le tout premier à dégainer dans un registre majoritairement hard rock, même si Cream et Free lui sont antérieurs. Cream, était aussi et surtout beaucoup plus psychédélique, bien que précurseur à sa manière, avec notamment "White Room", présent sur l'album Disraeli Gears dès le mois de novembre 67. 

 

Quant à Free, on était davantage dans un blues rock certes plus rock que blues, en tout cas jusqu'à ce que le groupe ne ponde son classique et brûlot "All Right Now", mais cela arrive un peu plus tard (mai 70). Tout comme le premier Black Sabbath arrive aussi un peu à la traîne (février 70 pour sa sortie UK, juin aux US), Led Zeppelin II étant lui dans les bacs à partir du 22 octobre 69.

 

L'album a été conçu dans différents studios, essentiellement sur le sol américain et un peu le vieux continent (Vancouver, Los Angeles, Memphis, Londres, New York…), mais demeure d'une incroyable cohésion grâce au colossal travail de production de Jimmy Page, secondé ici par Eddie Kramer au poste d'ingé son, oui le Eddie Kramer qui peu avant avait aidé Hendrix à accoucher de Are You Experienced, Electric Ladyland et Axis: Bold As Love, sans même parler de ses autres récentes collaborations  : les deux premiers Traffic, Blue Cheer avec Outsideinside, l'excellent Music In A Doll's House de Family et dans un registre plus blues The Turning Point et Empty Rooms de Mayall, etc. 

 

Robert Plant, de son côté, s'est plaint après coup d'avoir dû travailler à l'écriture et la composition des morceaux sur la route, chose avec laquelle il n'a jamais été tout à fait à l'aise, lui préférant les pauses plus longues permettant de se poser et de travailler tranquillement. Ce n'est pas du tout le cas de Page qui, visiblement, s'épanouissait réellement dans le chaos sonique, comme le prouve et le démontre d'entrée l'incroyable succession de dérapages à peine contrôlés du classique "Whole Lotta Love", qui ouvre la face A et pourtant est à l'origine construit autour d'un simple riff d'une succession basique de trois notes !…

 

Une fois de plus, "Whole Lotta Love" s'inspire plus ou moins librement de Willie Dixon (ici du texte de la chanson "You Need Love", qui apparaît sur le même EP de Muddy Waters que "You Shook Me", qui avait été repris sur le premier album, un titre qu'on retrouve aussi en 68, donc un an avant Led Zeppelin II, sur l'album Getting To Point de Savoy Brown). 

 

Ce qui conduira le groupe à faire face à un nouvelle action en justice pour plagiat qui, une fois encore, se règlera à l'amiable de manière discrète. À noter aussi que la chanson est arrangée un peu beaucoup comme "You Need Loving" des Small Faces. Décidément, si Page est une éponge de génie, c'est aussi une éponge qui a de profonds soucis de mémoire lorsqu'il s'agit de partager les royalties avec les différents ayants droit concernés. 

 

Une autre reprise de Willie Dixon ("Bring It On Home") clôt l'album. Ce grand classique des tournées 69 et 70 du groupe a vu sa partie centrale fortement accélérée comparativement à la plus stricte structure blues et à l'enregistrement de Sonny Boy Williamson qui la popularisa dès sa participation à l'album live Folk Festival Of The Blues (en 1963). 

 

Autre réaménagement led zeppelinien et autre incontournable des premiers tournées du groupe, "The Lemon Song" est en fait un nouvel habillage sonique à leur sauce du morceau "Killing Floor" de Howlin' Wolf, rallongé également et bénéficiant de paroles modifiées, notamment l'ajout de la très sexuellement explicite expression "squeeze my lemon" (piquée au "Travelling Riverside Blues" de Robert Johnson, que le groupe avait par ailleurs interprété pour la BBC fin juin 69 !).

 

Deux titres, l'un et l'autre des classiques du groupe et des moments privilégiés sur scène, ont été composés et enregistrés tout spécialement pour permettre respectivement à Bonham et Page de faire étalage de leur fantastique technique. Pour le premier, il s'agissait de "Moby Dick" (originellement intitulé "Pat's Delight" en clin d'œil à sa femme) qui propose un large éventail d'instruments percussifs (sur scène, l'éventail pouvait être encore plus étendu) ; et pour le second "Heartbreaker" et son monstrueux solo planté en plein milieu et qui nous laisse chancelant, à la millième comme à la première écoute.

 

Trois titres, enfin, ont été plus particulièrement composés par Plant : "What Is And What Should Never Be" en milieu de face A, avec ses changements de rythme volontiers chafouins, ses effets de guitare stéréo et son chant envoûté autant qu'envoûtant ; "Thank You" en fin de face A, une chanson d'amour magnifiée par la guitare douze cordes de Page ; et l'irrésistible "Ramble On", le premier titre d'une longue série dont les textes sont inspirés de l'univers de Tolkien (Le Seigneur des Anneaux…). 

 

"Ramble On" et son incroyable progression de la guitare acoustique presque paisible des premières mesures à un empilement de couches de guitare électrique quasiment hystérique, que le groupe curieusement… n'a jamais joué sur scène ! 

 

Difficile de savoir si l'impressionnante quantité d'overdubs les avait fait fuir ou non à l'époque, surtout que Plant l'a plus tard interprétée à de nombreuses reprises et avec différents backing bands, et que même la paire reconstituée Page et Plant l'avait incluse à son set lorsqu'ils avaient repris la route ensemble, un peu plus tard, pour promouvoir l'exceptionnel No Quarter

 

Citons enfin "Living Loving Maid", un titre écrit un peu à la va-vite au sujet d'une groupie, que le groupe n'aimait pas particulièrement (le titre, pas la groupie !) et dont tous les fans se sont toujours demandés pourquoi diable il avait finalement terminé sa course sur l'album, dans ses conditions (honnêtement, le morceau n'est pas si mal que ça, mais peut-être réveillait-il des souvenirs que certains préféraient voir restés enfouis ?). Celui-là, pour le voir interprété sur scène, il aura fallu attendre la tournée solo 1990 de Plant (période Manic Nirvana) !

 

L'artwork de la pochette avait été confié à un certain David Juniper, un pote de lycée de Page (!) à qui les membres du groupe avaient simplement dit de revenir vers eux dès qu'une idée intéressante et originale lui traverserait l'esprit. Ce qu'il fit avec ce détournement d'une photo d'une division de l'armée de l'air allemande pendant la Première Guerre mondiale, dont le coucou en arrière-plan avait par ailleurs été remplacé par le découpage de la forme du Zeppelin de la pochette de l'album précédent.

 

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Led Zeppelin « Whole Lotta Love » (Led Zeppelin II, 1969)

  2. Led Zeppelin « What Is And What Should Never Be » (Led Zeppelin II, 1969)

  3. Led Zeppelin « The Lemon Song » (Led Zeppelin II, 1969)

  4. Led Zeppelin « Travelling Riverside Blues » (BBC Sessions, 1997)

  5. Led Zeppelin « Thank You » (Led Zeppelin II, 1969)

  6. Led Zeppelin « Heartbreaker » + « Living Loving Maid » (Led Zeppelin II, 1969)

  7. Led Zeppelin « Ramble On » (Led Zeppelin II, 1969)

  8. Led Zeppelin « Moby Dick » (Led Zeppelin II, 1969)

  9. Led Zeppelin « Bring It On Home » (Led Zeppelin II, 1969)

  10. Led Zeppelin « Whole Lotta Love » (medley) + « Thank You » (BBC Sessions, 1997)

 

Déjà paru :

Alarm (The) (Declaration, 1984) Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Alice Cooper part 6Alice Cooper part 7 Alice Cooper part 8Alice Cooper part 9 Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) — Buzzcocks ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009) Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

New York Dolls ("New York Dolls", 1973) ;

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rainmakers (The) "Skin" (1996) — Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Satriani (Joe) 80's part 1 Satriani (Joe) 80's part 2Satriani (Joe) 80's part 3 — Sheriff (Les)Sixteen Horsepower — Smithereens (The)Soul Aylum ("Let Your Dim Light Shine", 1995) — Spedding (Chris) — Springsteen (Bruce) (The Ghost Of Tom Joad, 1995) ; 

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Westerberg (Paul) (Eventually, 1996) ;

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Led Zeppelin (24-30/12), Wild Turkey (31/12), Midnight Oil part 5 (01/01)…Sam Gopal… 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stewart (Rod), Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

VIETNAM "VIETNAM" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

03/03/2019

1/10
Please reload

Posts Récents