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SOUL ASYLUM "LET YOUR DIM LIGHT SHINE" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

22/12/2018

Minneapolis, toute fin des années 70, deux groupes de copains débutent simultanément : Soul Asylum et les Replacements. À l’évidence, les deux compositeurs respectifs (David Pirner et Paul Westerberg), ainsi que les troupes de poivrots déguenillés qui les accompagnent, ont tout pour devenir les rock’n’rollers de demain.

 

Twin Tone, label local, flaire la machine à billets et les signe pour une première fournée de brûlots pas piqués des vers. Les bons Say What You Will, Made To Be Broken, While You Were Out, Glam Dip And Other Delight pour Soul Asylum et, du côté des Replacements, les joviales speederies Sorry Ma Forgot To Take Out The Trash et Stink, le déjà plus construit Hootenanny et la perle des perles Let It Be, découvert à l’époque par New Rose Records

 

Chacun passe alors à la vitesse supérieure, Soul Asylum signant sur A&M, tandis que la bande à Westerberg s’attirait les faveurs de Sire. Le turbo est alors enclenché de chaque côté, mais la mouise confine, et Dave Pirner & co, et les Replacements, dans un relatif anonymat. Cela n’empêche pas les premiers de sortir le très bon Hang Time et le jubilatoire And The Horse They Rode In On, tandis que les seconds s’octroyaient un carton plein, avec Tim, Pleased To Meet Me, Don’t Tell A Soul et All Shook Down, tous plus géniaux les uns que les autres. 

 

L’étape suivante tourne à la faveur de Soul Asylum qui signe avec Columbia un contrat mirobolant leur garantissant, chose importante, la possibilité de travailler dans des conditions idéales, alors que les malheureux Replacements splittent, fatigués des interminables tournées et, surtout, de ne pas rencontrer le succès escompté (et amplement mérité). 

 

La cote de popularité de Soul Asylum ne cesse alors de gravir les échelons deux à deux, d’abord avec le très correct Grave Dancer’s Union, puis avec notre sujet du jour, le sublime Let Your DIm Light Shine, sans aucun doute l’un des albums forts de l'année 1995. Il y avait là de quoi réjouir enfin ceux qui défendaient cette musique pleine de sentiments contradictoires et d’une impulsion autant indéfinissable qu’incontrôlable. 

 

En plus, Grave Dancers et le tubesque « Runaway Train » obligent, beaucoup les attendaient au tournant, à la fois ceux qui les avaient découverts par ce biais et surtout ceux (beaucoup moins nombreux) qui suivaient le parcours de ces kids de Minneapolis désabusés depuis leur démarrage initial en 1984, dans le sillon des (donc) récemment défunts et pourtant irremplaçables Replacements, eux-mêmes frères de son du légendaire Husker Du de Bob Mould

 

Et personne ne fut déçu, ni ceux qui par ignorance et/ou cocooning médiatico-merdicum ne voyaient en eux qu'une troupe de grungeux de plus, ni même ceux qui espéraient de ce huitième album studio qu'il surpasse de quelques milliers d'encablures tous ses prédécesseurs réunis…

 

Les cinq millions d'albums vendus de par le monde et le statut de superstars ont donc été vite digérés et Let Your Dim Light Shine a été enregistré avec la même ferveur que les précédents opus, comme s'il s'agissait d'un potentiel disque-testament, ce qu’il devint plus ou moins par la force des choses, si l’on considère la relative pauvreté d’inspiration de Candy From A Stranger, l’album suivant (ne parlons pas de The Silver Lining, de 2006, où le groupe n’est que l’ombre de lui-même) et l’état physique pitoyable des membres du groupe à cette époque (au mieux défoncés… au pire, très défoncés !). 

 

Le petit plus, c'est la trentaine mature et sereine qui l'a apporté, Dave Pirner signant sans contestation possible ses textes les plus lumineux (Ah, « String of pearls », quelle classe !) en enchaînant avec une intelligence presque palpable passages désabusés (« Hopes Up », « Eyes Of A Child »…), quelques brûlots capables d'enflammer les radios du monde entier (dont « Misery », en bon premier single éclaireur qu'il fût), des moments plus ancrés dans une tradition folk proche de ce que produisaient parallèlement les Jayhawks (« Promises Broken »…) et pour équilibrer l'ensemble quelques boulets de canon d'une fureur et d'une intensité rares (en particulier « Caged Rat »)… 

 

Sans la moindre concession, pur et parfois dur, donc essentiel, Let Your Dim Light Shine bénéficie en plus de ces mélodies inaltérables, de ces riffs bien sentis et de la voix travaillée au bourbon de son porte-parole, de l'apport technique indéniable de Sterling Campbell, puisque l'ancien batteur de Bowie qui assurait déjà les percussions sur Grave Dancers Union venait de rejoindre la bande à Pirner suite au départ de Grant Young

 

Que dire de plus ? Rien si ce n'est que votre humble serviteur qui, quelque part, a quand même le privilège de pouvoir écouter une grande majorité de ce qui sort dans les bacs tous les mois, et ce depuis plus de trente-cinq ans, a pris à l'écoute de ces quatorze titres sa plus grosse claque dans la gueule de l’année 95 (avec juste derrière les Foo Fighters et Silencers du cru, soit dit en passant). Évidemment, si vous considérez que j'ai des goûts de chiottes…

 

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Soul Asylum « Misery » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  2. Soul Asylum « Shut Down » + « To My Own Devices » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  3. Soul Asylum « Hopes Up » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  4. Soul Asylum « Promises Broken » + « Bitterseetheart » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  5. Soul Asylum « String Of Pearls » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  6. Soul Asylum « Crawl » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  7. Soul Asylum « Caged Rat » + « Eyes Of A Child » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  8. Soul Asylum « Just Like Anyone » + « Tell Me When » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  9. Soul Asylum « Nothing To Write Home About » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

  10. Soul Asylum « I Do My Best » (Let Your Dim Light Shine, 1995)

 

Déjà paru :

Alarm (The) (Declaration, 1984) Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Alice Cooper part 6Alice Cooper part 7 Alice Cooper part 8Alice Cooper part 9 Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) — Buzzcocks ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009) Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

New York Dolls ("New York Dolls", 1973) ;

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rainmakers (The) "Skin" (1996) — Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Satriani (Joe) 80's part 1 Satriani (Joe) 80's part 2Satriani (Joe) 80's part 3 — Sheriff (Les)Sixteen Horsepower — Smithereens (The) — Spedding (Chris) — Springsteen (Bruce) (The Ghost Of Tom Joad, 1995) ; 

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Led Zeppelin (24-30/12), Wild Turkey (31/12), Midnight Oil part 5 (01/01)…Sam Gopal… 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stewart (Rod), Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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