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ALICE COOPER PART 6 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

12/12/2018

Chapitre 6 — La fin d’Alice Cooper le groupe, le début d’Alice Cooper l’homme 

La fin du Alice Cooper Group est difficile à dater. L’on peut supposer qu’il s’agît d’un lent étiolement. Ce qui est certain, c’est que les avis diffèrent très largement sur ce qui se passa fin 74-début 75. A priori, les cinq membres s’étaient mis d’accord sur le fait qu’un break leur serait profitable. Chacun ayant des idées bien à lui, pourquoi ne pas en profiter pour faire des albums solos, puis revenir frais comme des gardons, prêts à reconquérir le monde ?… 

 

Liens pour les cinq premières parties tout en bas de la page.

 

Visiblement, le succès gigantesque de Welcome to my Nightmare aura donné d’autres idées, et à Vince (qui a changé officiellement son nom en Alice Cooper à la toute fin de l’année 74), et à Bob Ezrin (producteur de la chose), et à Alive Enterprises, voire même à Atlantic (qui reprend provisoirement le deal de Warner), chacun ayant sans doute à gagner avec un gros gâteau redistribué avec quatre parts en moins…

 

Le succès présumé, même, car à en écouter Michael Bruce, les dés étaient pipés bien avant l’avènement effectif du show. Le guitariste se souvient : « Je peux parler pour moi et Neal, on pensait faire des albums solos et puis redémarrer le groupe là où l’avait arrêté, un simple break quoi. Je me souviens qu’un jour on parlait avec un de nos roadies et il nous a dit : « vous avez vu les répétitions d’Alice ? ». J’ai répondu que non, nous avons pris le premier taxi et sommes allés jusqu’aux studios Warner Brothers, j’ai vu les répétitions de Welcome to my Nightmare et j’ai immédiatement compris que c’en était terminé du groupe. Mes parties étaient jouées par Dick Wagner par exemple et celles de Glen par Steve Hunter, ou l’inverse, peu importe. Bob Ezrin et Shep Gordon avaient mis en place un package qui annihilait totalement le groupe. Peut-être que c’est cette expérience qui influença Alice plus tard lorsqu’il composa le morceau « Clones ». Ils avaient totalement réinventé Alice Cooper et nous n’en faisions plus partie !… ».

 

Ce que l’on sait moins, c’est qu’à la suite de ça, les membres du groupe s’étaient néanmoins mis d’accord sur le fait de faire un dernier disque sous le patronyme commun d’Alice Cooper. Un disque d’adieu, en quelque sorte. Alice Cooper-l’homme devait a priori également être de la partie, mais ça n’a jamais été clairement confirmé par l’intéressé (même si les rumeurs ont persisté jusqu’au début des années 80). Ce qui est certain, par contre, c’est qu’une bonne partie de ces morceaux se sont retrouvés par la suite sur l’album (assez moyen) de Billion Dollar Babies-le groupe (Dunaway, Bruce, Smith, Mike Marconi à la place de Buxton et Bob Dolin —un vieux pote roadie du groupe— aux claviers). 

 

Le défunt label anglais NMC a ressorti en 2001 une version triple CD de Battle Axe, intitulée Complete Battle Axe, avec une pochette autrement plus jolie que l’hideux visuel originel, un second CD bourré de versions alternatives, démos, instrumentaux et, surtout, sur la troisième rondelle, le tout premier concert du groupe, enregistré en 77 à Flint, Michigan, et sur lequel on retrouve un excellent medley reprenant des bouts de « No more Mr Nice Guy », « I’m Eighteen », « Elected » et « School’s Out », ainsi que le définitivement incontournable « Billion Dollar Babies » en rappel. Le même label proposa pendant un temps une version complète (deux CDs) de l’album In My Own Way de Michael Bruce. Ces tirages étant très limités et, pour couronner le tout, NMC n’existant plus, je souhaite bon courage aux fans complétistes !…

 

Welcome to my Nightmare paraît en février 75. L’album a clairement été conçu comme la B.O. de la tournée à suivre (c’est pourquoi il paraît sur Atlantic et non WB) et parallèlement d’une émission de TV spéciale (filmée à Toronto en mars, au moment de la sortie du single « Only Women Bleed »).

 

Alice : « Je voulais continuer dans la tradition des premiers disques, tout en ajoutant une autre dimension au personnage. Pour chaque chanson, nous avons étudié l’aspect scénique parallèlement à la façon dont la chanson s’imbriquerait à l’ensemble, à l’intérieur du disque. C’était un peu comme de fabriquer une chaîne, chaque maillon a son importance et ne peut être occulté. On a répété quasiment non stop pendant six mois, en même temps que le concept prenait forme, c’était passionnant et, en toute honnêteté, je n’ai jamais fourni autant d’efforts que pour ce satané Welcome to My Nightmare ! ».

 

L’album appuie un peu plus sur l’aspect macabre (on y entend même la voix sépulcrale de Vincent Price, invité d’honneur et… d’horreur !), également sur le côté comédie musicale grand-guignolesque, et propose même la première vraie ballade croonifiée d’Alice Cooper, « Only Women Bleed » (musique pourrie, mais paroles superbes), malheureusement un tel succès radio (le but à peine caché étant quand même de se mettre enfin les ménagères dans la poche) que notre homme se verra contraint (?) d’essayer de réitérer la bonne opération quasiment dans chacun de ses albums à suivre, pour le malheur de nos oreilles (heureusement, la technologie CD permet de sauter facilement un morceau, plus pratique que nos vieux 33 tours…). 

 

À l’époque, beaucoup de fans avaient été surpris par l’absence du groupe originel, mais la qualité du disque et l’incroyable réussite de la tournée qui l’accompagna, firent taire jusqu’aux plus vindicatifs d’entre eux. Surtout que Steve Hunter et Dick Wagner aux guitares (remember l’intro gargantuesque du live Rock'n'Roll Animal de Lou Reed ?!), c’est un peu le haut du haut de gamme. Wagner co-écrit d’ailleurs une bonne moitié des titres, de même qu’Ezrin est de plus en plus présent dans les crédits (le fameux nouveau partage du gâteau évoqué plus tôt). 

« Only Women Bleed » est d’ailleurs un très vieux morceau qu’avait composé Wagner à l’époque de son groupe The Frost, aux alentours de 1968. Alice en a changé les paroles et le titre… Mais Welcome to my Nightmare, c’est aussi et surtout le tryptique tétanisant du début (le morceau titre, plus « Devil’s Food » et « The Black Widow »), ainsi que, sur la fin, la double machine à vous hérisser l’échine dorsale composée de « Years Ago » et surtout « Steven », perle noire incontestable de cette grande messe grand-guignol. 

 

Après les deux actes du « Welcome to my Nightmare tour », longuement aux States avant l’été, puis en Europe à partir du 31 août (une date parisienne le 16 septembre), puis l’annulation de la tournée en Australie-Nouvelle Zélande (où Alice est interdit de séjour depuis trois ans déjà), le film (concert filmé serait plus exact) sort en salles fin novembre, il est temps de passer à la suite. Et cette suite, ce sera l’enthousiasmant Alice Cooper goes to Hell (parution fin juin 76), frère jumeau idéal de Welcome to My Nightmare, moins renfermé sur lui-même, plus lumineux d’une certaine façon, comme l’annonce d’emblée le virevoltant solo de guitare du morceau d’ouverture qui donne presque son titre à l’album (« Go to Hell »).

 

Alice Cooper : « Cet album était effectivement prévu pour être une nouvelle superproduction, mais c’est à ce moment-là que j’ai commencé à avoir de sérieux problèmes de santé. Je buvais toujours autant et mon corps était vraiment proche de la saturation. Par ailleurs, les temps changeaient, le disco arrivait et le disque n’a pas eu toute l’ampleur qu’il aurait mérité, même s’il s’est relativement bien vendu, avec plusieurs singles qui ont bien fonctionné. Enfin, j’étais vraiment dans un état dépressif assez lamentable et si je faisais bien attention à ce que ça n’interfère pas trop dans ma productivité, j’étais vraiment au bout du bout du rouleau… ».

 

Une tournée d’une trentaine de dates est prévue, mais annulée au dernier moment. Alice se retrouve à l’hôpital où lui est diagnostiquée une anémie (!!!)… Il n’a plus que la peau sur les os, c’est une loque (la photo au dos de couverture de Goes to Hell a beau être retouchée et « floutée » à mort, on voit bien son visage taillé à la serpe et sa silhouette filiforme). 

L’album contient cependant quelques jolies pépites (surtout pas la nouvelle mollerie « I never cry » —numéro 1 !— mais plutôt les « Guilty », « Didn’t we meet » ou « Go To Hell »), même si l’on sent un peu notre homme dispersé aux quatre vents, une sensation qui perdurera jusqu’à l’album Dada

 

Il s’agît d’un nouveau concept-album, un nouveau cauchemar qu’Alice aurait fait et que l’écoute du disque permettrait de voir se matérialiser… L’intéressé précise : « Voilà, Alice Cooper était descendu aux enfers et devait marchander son laisser-passer avec le Diable. C’était de la pure fiction et je fus déçu quand je compris que, une fois encore, certains n’en avaient pas saisi l’esprit. J’aime énormément cet album et je trouve que c’est un des plus complets que j’ai pu faire. Mon seul regret est de ne pas avoir pu assurer la tournée prévue initialement… ». En parlant de disco et de tournée, le disco devait être l’Enfer (et inversement) dans ce nouveau show que jamais personne n’aura eu la chance de voir… pas même en rêve !…

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

DISCOGRAPHIE ALICE COOPER GROUP / ALICE COOPER (1969-1994)  :

 

Pretties for you (Straight, 1969) **

Easy Action (Straight, 1970) ***

Love it to Death (Straight/Warner, 1971) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Killer (Warner, 1971) ****1/2

School’s Out (Warner, 1972) ****1/2

Billion Dollar Babies (Warner, 1973) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Welcome To My Nightmare (Atlantic, 1975) ****1/2

Alice Cooper Goes to Hell (Warner, 1976) ****

Lace and Whiskey (Warner, 1977) ***1/2

From The Inside (Warner, 1978) ****

Flush The Fashion (Warner, 1980) ***1/2

Special Forces (Warner, 1981) ***

Zipper Catches Skin (Warner, 1973) ***1/2

Dada (Warner, 1983) **** — À DÉCOUVRIR !

Constrictor (MCA, 1986) *1/2

Raise your fist and Yell (MCA, 1987) **

Trash (Epic, 1989) **

Hey Stoopid (Epic, 1991) **

The Last Temptation (Epic, 1994) ****

 

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Alice Cooper « Welcome To My Nightmare » (Welcome To My Nightmare, 1975)

  2. Alice Cooper « Go To Hell » (Alice Cooper Goes To Hell, 1975)

  3. Alice Cooper « Escape » (Welcome To My Nightmare, 1975)

  4. Alice Cooper « Wish You Were Here » (Alice Cooper Goes To Hell, 1975)

  5. Alice Cooper « Department Of Youth » (Welcome To My Nightmare, 1975)

  6. Alice Cooper « Guilty » (Alice Cooper Goes To Hell, 1975)

  7. Alice Cooper « Cold Ethyl » (alternative version) + « Devil’s Food » (alternative version) (Welcome To My Nightmare, 1975, remastered edition 2002)

  8. Alice Cooper « Years Ago » + « Steven » (Welcome To My Nightmare, 1975)

  9. Alice Cooper « Didn’t We Meet » (Alice Cooper Goes To Hell, 1975)

  10. Alice Cooper « Devil’s Food » + « Black Widow » (Welcome To My Nightmare, 1975)

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) — Buzzcocks ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009) Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

New York Dolls ("New York Dolls", 1973) ;

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rainmakers (The) "Skin" (1996) — Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Alice Cooper part 7 et 8 (13-14/12 )… Sam Gopal (16/12), Wild Turkey (17/12), Midnight Oil part 5 (18/12 )… Led Zeppelin (24-28/12)

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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