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NEW YORK DOLLS "NEW YORK DOLLS" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

08/12/2018

Les seventies sont par excellence les années qui fabriquèrent le plus de références musicales, le plus d’icônes. Sans doute, au-delà des disques et des artistes eux-mêmes, parce que l’époque était propice à cela. 

 

Les progrès techniques permettaient enfin à ceux qui s’en donnaient la peine de créer et étoffer leur propre son, leur univers musical, les textures et paysages qu’ils avaient envie de déflorer. La culture explosait de toute part, il n’y avait plus une ligne de conduite à suivre ou une mode unique et réglementaire ; c’était les débuts du hard rock, du rock progressif, du punk un peu plus tard, etc. 

 

De ces années magiques où tout devenait permis, beaucoup d’albums, pourtant considérés comme d’incontournables chefs d’œuvre ont pris un sérieux coup de vieux. Les Doors endorment désormais les plus insomniaques (satisfait ou remboursé) ; les Stooges ont été dépassés puis rattrapés par tant de monde, Iggy lui-même ; les Stones n’avaient déjà plus rien à dire (Ah, Beggars Banquet… Oh, Let It Bleed !…) ; Zappa n’intéresse plus que quelques nostalgiques embués dans leurs nuages éternels ; les Pistols, avec leurs prouteries inconsistantes et leurs riffs ventripotents ne font plus rire personne depuis longtemps. 

 

Bien sûr, il reste quelques pièces rares, quelques indéboulonnables monuments soniques, mais la plupart des zouaves concernés eurent par la suite de telles baisses de régime au cours de leur carrière (Bowie, Damned, Sparks, Roxy Music, Pink Floyd…) qu’ils en ont terni leurs fracassants débuts. 

 

Restent alors ceux qui sont morts avant leur premier faux-pas (Hendrix, Marc Bolan dans une moindre mesure…) et ceux qui n’ont été que des étoiles filantes. L’une des plus brillantes d’entre toutes, les New York Dolls, accoucha début seventies de deux albums (oublions les 814 semi-pirates publiés depuis lors, pas un seul ne mérite plus de 27 secondes de votre temps) qui n’ont aujourd’hui encore pas à rougir de la comparaison avec quelques bataillons de petits cons sachant à peine rocker sans papa et maman. Au lit, les p’tits soldats, c’est de grosse artillerie dont il est question ici !

 

Le premier album, éponyme, se distingue du second uniquement pour son antériorité, les deux valant un identique pesant de ce que vous voudrez y mettre. Nous sommes en 1973, les Dolls assurent et assument les platform boots, les fringues déglinguées et le maquillage prostipute. Voilà pour la déco art-toc. 

 

Pour le reste, le principal, ce qu’il en reste et ce qu’il en restera ad vitam æternam, ce ne sont que voix hurlante, chœurs dégingandés, et guitares volubiles qui s’enlacent, s’enchevêtrent ; et se crachent aussi pas mal à la gueule, parfois. La batterie sait aussi se faire hallucinée (“Vietnamese Baby”), mais ce disque n’est pas qu’un sprint désordonné, il recèle également quelques pauses, comme ce “Lonely Planet Boy” où cuivres et chœurs hurlant à la lune, donnent la réplique à la voix posée d’un Johansen s’adaptant à tout. 

 

La production de Todd Rundgren (qui assure aussi quelques rock & rolleries au piano) est purement exceptionnelle pour l’époque et les remasterisateurs fous peuvent toujours s’évertuer à jouer avec les bandes d’origine, ils n’en ressortiront jamais rien de mieux (même si j'avoue, les éditions SHM japonaises à partir de 2010 sont assez jubilatoires). 

 

Tous repris à tour de médiators, mais jamais égalés, les onze coups de boutoir (“Bad Girl”, “Jet Boy”, “Personnality Crisis”, “Private World”, etc.) de cet album intemporel sont figés, au sens noble du terme, car immuables, mais encore pétris d’une folie toute rock & roll qui file une putain d’envie de se casser les cordes vocales et de se laisser aller à un gentil pêtage de plombs. 

 

Attention, les mioches, on n’est pas sur Youtube, là, finis les clips branchouilles et jolis concerts multicolores, ici ce n’est qu’assauts soniques et dévergonderies véritables. Les Dolls vivent encore, parfois dans la grossière parodie que peuvent en donner des groupes plus “contemporains” (non, pas de noms, nous n’avons pas d’encre à gâcher). Ils vivent d'autant plus qu'ils se sont reformés, pour notre plus grande joie, et à l'origine pour un concert one-shot au Meltdown Festival de Morrissey, de 2004 à 2011, avec une poignée de disques tout sauf déshonorants. 

 

Et tous (Sylvain Sylvain un peu moins que les autres) garderont cette ligne de conduite sans concession, que ce soit David Johansen avec sa très honorable carrière solo ; Johnny Thunders, évidemment ; et Jerry Nolan qui, une décennie après, arpentaient la scène du Rex Club, en compagnie des London Cowboys (un de leurs rares héritiers dignes de ce nom) pour un concert monumental (si quelqu’un a le pirate, il sait où me contacter !). 

 

Le rythme tatoué dans les veines, impressionnant de précision et de générosité de chaque instant, il était totalement à sa place, dans ce club, celui-là même où un autre soir, Stiv Bators était venu soutenir son pote Jeff Conolly des Lyres, incapable de chanter deux chansons sans vomir sur les premiers rangs. 

 

Après le concert, Nolan était venu saluer son public et avait serré la louche et discuté quelques instants avec l’ado que j’étais alors. Depuis ce jour (ça devait être en 84 ou 85), je ne me suis pas lavé la main droite et j’écoute un des deux albums des New York Dolls au réveil et avant chaque repas. C’est grave, docteur ?…

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. New York Dolls « Personality Crisis » (New York Dolls, 1973)

  2. New York Dolls « Looking For A Kiss » (New York Dolls, 1973)

  3. New York Dolls « Vietnamese Baby » (New York Dolls, 1973)

  4. New York Dolls « Lonely Planet Boy » (New York Dolls, 1973)

  5. New York Dolls « Frankenstein » (New York Dolls, 1973)

  6. New York Dolls « Trash » (New York Dolls, 1973)

  7. New York Dolls « Bad Girl » (New York Dolls, 1973)

  8. New York Dolls « Subway Train » (New York Dolls, 1973)

  9. New York Dolls « Pills » + « Private World » (New York Dolls, 1973)

  10. New York Dolls « Jet Boy » (New York Dolls, 1973)

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009) Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric)Midnight Oil part 1Midnight Oil part 2 — Midnight Oil part 3 — Midnight Oil part 4  Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Midnight Oil (04/12 au 08/12 inclus !), Sam Gopal (09/12), Wild Turkey (10/12)… 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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