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MIDNIGHT OIL PART 4 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

07/12/2018

Ils sont de retour, plus verts et virulents que jamais, avec en première ligne face aux projecteurs le toujours aussi charismatique Pete Garrett. Retour sur la formidable ascension d’un groupe vraiment pas comme les autres… 

 

Première partie de notre story ——> ICI ! <——

 

Seconde partie de notre story ——> ICI ! <——

 

Troisième partie de notre story ——> ICI ! <——

 

Retour à la musique donc et à ce magnifique Red Sails In The Sunset. Voilà ce qu’on peut appeler un album plein. Varié et virulent, mais aussi très homogène de par son approche globale, il représente un indéniable pic dans l’histoire musicale du groupe. Que dire de plus ? Les morceaux parlent d’eux-mêmes : simples, efficaces, poignants et formant un front sonore commun plutôt unique en son genre.

 

La pochette, une vision de Sydney détruite par une explosion atomique, donne le ton : les militaires et les politiques en prennent encore pour leur grade, comme le prouve d’entrée de jeu le premier morceau, « When The General Talk », dont le sens des paroles est plus qu’évident. L’album est certifié double platine en Australie et le groupe s’embarque pour une première tournée mondiale, dont une date sur le territoire français, dans le cadre du festival Elixir de Guehenno, avec Leonard Cohen, les Ramones et The Clash. Une bien belle affiche, n’est-il pas ?

 

Une tournée hexagonale est même prévue pour le mois de septembre mais le groupe l’annule en toute dernière minute, suite à la sinistre affaire Rainbow Warrior. En fin d’année paraît le mini-album Species Deceases, sans aucun doute le disque le plus politisé des Oils ; et pour cause, puisque les textes ont été écrits pendant la période électorale relatée précédemment. Quatre morceaux qui pètent le feu de Dieu (tout particulièrement « Progress »), mais qui paraissent presque incongrus et mal placés après les superbes débordements de 10 To 1 et Red Sails In The Sunset.

 

On efface tout et on repasse par la case concert, avec quelques escarmouches européennes, dont un mémorable concert à l’Elysée Montmartre parisien (avec les Red Hot Chili Peppers en première partie !). À peine revenus chez eux, les aborigènes leur proposent de jouer dans certaines bourgades paumées au milieu du continent, là où il ne se passe jamais rien, le tout avec pour support band Warumpi, une formation de musique aborigène traditionnelle.

Au-delà des considérations commerciales (là n’est certainement pas le propos), ce « Blackfelle/Whitefella Tour » ouvre les regards des Oils sur ce peuple à qui l’on a tout pris, mais rien donné en échange.

 

Pete : « Tout était planifié avec la précision d’un safari africain, avec 4X4, matériel radio, trousse de secours et de l’eau en suffisance. Nous sommes allés dans tous les coins, dans les endroits où les dimensions sont démesurées, on se croyait au milieu des nuages. Les nuits sont si claires là-bas, c’est réellement impressionnant ! Les populations vivent depuis 40 000 ans sur ce sol dur comme de la roche et désespérément rouge et inutilisable. Le paysage est magnifique mais on ne s’en rend pas compte tout de suite, à cause de la chaleur et des distances peu communes. Au retour, nous nous sommes immédiatement mis à l’écriture des morceaux de Diesel & Dust, pendant que nous étions encore bien imprégnés de cette fantastique expérience. ».

 

Ce nouvel album, le premier enregistré en terre australe depuis Head Injuries, devient rapidement le détonateur d’un talent jusqu’alors curieusement mésestimé, grâce au hit mondial « Beds Are Burning », mais grâce aussi à l’ensemble des autres morceaux, qui font une fois de plus cause commune. Avec tout ce qu’elle peut avoir de symbolique, l’évocation de cette autre Australie fait le tour du monde et remet, une fois n’est pas coutume, les choses à leur place respective. Qu’elle est bien mise en sons cette co-existence difficile entre cette immensité désertique, qui est à la fois mystique et hors du temps, et ces bords de mer en proie au monde moderne, à ses gros buildings crasseux et à son trop plein de technologie !

 

Pete : « Parfois, quand pour un événement sérieux tout se dégrade, et par contrecoup crée de graves problèmes, on ne peut plus aborder le phénomène vaguement, il faut être direct et c’est pour cela que nous avons fait ce disque. Nous ne recherchions pas une coloration particulière, ni une quelconque ambiance poétique… Partout dans le monde, il y a des indigènes qui doivent survivre, cela doit nous permettre de mieux comprendre le monde dans lequel nous évoluons. La culture aborigène est la plus vieille de toute l’histoire de l’humanité. Il leur a fallu des siècles pour construire une société que notre civilisation a détruite en un clin d’œil. Ce peuple est ici depuis une éternité et, pendant tout ce temps, ils ont appris à connaître le monde. Leur vision est supérieure à la nôtre. »

 

Diesel & Dust récolte or et platine partout dans le monde, avec un impressionnant score de 600 000 copies écoulées en France. Le ‘Diesel & Dust Tour’ voit l’arrivée du troisième bassiste des Oils, en la personne de Bones Hillman, un néo-zélandais. La tournée, comme l’album, font l’unanimité, d’autant plus que la qualité des prestations du groupe et l’énergie dépensée pour ce faire sont devenues légendaires.

 

Quelques mois de repos bien mérités plus tard et c’est reparti pour un tour, avec l’enregistrement de Blue Sky Mining, avec « Blue Sky Mine »lancé en éclaireur, inonde les radios de façon fort agréable et le groupe, toujours fidèle à ses positions, ponctue sa nouvelle tournée mondiale de coups d’éclats (concert de protestation dans la rue, devant le quartier général d’Exxon Valdez, etc.) et de concerts surprise sous le sobriquet d’Ebb Tide And The Shore Breakers.

 

L’album évoque toujours les mêmes préoccupations, mais plus uniquement à un niveau australo-australien (« King Of The Mountain », « Blue Sky Mine » ou « Stars Of Warburton » quand même) puisqu’il s’ouvre sur d’autres horizons (« Antartica », « Bedlam Bridge ») tout en fournissant l’un des plus beaux hymnes internationaux jamais écrits, le magnifique « One Country », perle incontournable de cet album dont le seul défaut est de trop ressembler au précédent.

 

L’année 91 est annoncée d’emblée comme une année de repos, mais chacun ne tenant plus en place au bout de quelques mois, il est décidé de mettre en chantier un live. Celui-ci, intitulé Scream In Blue, est la preuve par douze que Midnight Oil sur scène est un tout autre groupe. Les midinettes qui avaient frémis à l’écoute de « Beds Are Burning » ou « The Dead Heart » ont dû être sacrément surprises.

 

Bonjour la débauche d’énergie ! D’autant plus que ce ne sont pas les titres les plus évidents qui ont été conservés, exception faite de la présence symbolique de « Beds Are Burning », mais bel et bien certains des plus couillus, dont une hallucinante version brute et brutale de « Sometimes » clippée pour l’occasion.

 

Rob Hirst : « Certains groupes enlèvent toutes les petites erreurs quand ils sortent un album live. En définitive, ils polissent tellement le produit définitif qu’il ressemble plus à un album studio qu’autre chose. Quand nous nous sommes attelés à choisir les chansons qui allaient figurer dans Scream In Blue, nous avons opté pour la vision inverse, c’est-à-dire que nous avons choisi les morceaux dont l’approche était la plus brutale possible, ceux où l’excitation exaltée d’un groupe en parfaite osmose était la plus perceptible. Qu’importe les erreurs, ce sont des concerts après tout et l’erreur est humaine… ».

 

Fiers de ce coup de vice supplémentaire, les Oils se lancent dans l’élaboration de Earth & Sun & Moon, suite thématique et musicale logique de Blue Sky Mine, en plus compacte peut-être. Sans doute le choix d’un vieux studio, Megaphon, dans la banlieue industriele de Sydney, n’y est pas innocent. Le retour de Nick Launay derrière la console (10 To 1 et Red Sails In The Sunset) y est également pour beaucoup, d’autant plus que le groupe en a profité pour enregistrer live en studio.

 

L’ensemble dégage une certaine animalité (fini la haute technologie utilisée depuis quelques années, retour à l’analogique !), en particulier parce que l’enregistrement s’est effectué durant l’un des étés les plus caniculaires qu’ait connu l’hémisphère sud et présente une honnêteté toujours sans faille. Décidément, Midnight Oil a des choses à dire et ne s’en prive pas !

Les singles cartonnent, particulièrement le corrosif « My Country » et une immense tournée est organisée ; la routine quoi !

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Midnight Oil « Too Much Sunshine » (Capricornia, 2001)

  2. Midnight Oil « Mountains Of Burma » (Blue Sky Mining, 1990)

  3. Midnight Oil « Drums Of Heaven » (Earth And Sun And Moon, 1993)

  4. Midnight Oil « White Skin Black Heart » (Redneck Wonderland, 1998)

  5. Midnight Oil « Put Down That Weapon » (Diesel And Dust, 1987)

  6. Midnight Oil « Jimmy Sharman’s Boxers » (Red Sails In The Sunset, 1984)

  7. Midnight Oil « Bedlam Bridge » (Blue Sky Mining, 1990)

  8. Midnight Oil « Luritja Way » (Capricornia, 2001)

  9. Midnight Oil « No Man’s Land » (acoustic version) (single, 2003) 

  10. Midnight Oil « Renaissance Man » (Earth And Sun And Moon, 1993)

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009) Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Midnight Oil (04/12 au 08/12 inclus !), Sam Gopal (09/12), Wild Turkey (10/12)… 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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