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MIDNIGHT OIL PART 3 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

06/12/2018

Ils sont de retour, plus verts et virulents que jamais, avec en première ligne face aux projecteurs le toujours aussi charismatique Pete Garrett. Retour sur la formidable ascension d’un groupe vraiment pas comme les autres… 

 

Première partie de notre story ——> ICI ! <——

 

Seconde partie de notre story ——> ICI ! <——

 

L’année 81 est intéressante pour Midnight Oil qui, comme bon nombre de ses compatriotes musiciens, part en pèlerinage du côté de Londres. Deux concerts au Marquee notamment et des sessions dans le studio perso de mister Glyn Johns, producteur de génie (Rolling Stones, Who…). Curieusement, ce premier album enregistré hors de leurs frontières, intitulé Place Without A Postacard, est celui qui parle le plus de l’Australie. Le thème principal est le même que celui exposé dans Bird Noises, à savoir l’oisiveté des Australiens et leur pauvreté en matière de culture, avec d’autre part une prise de position pour le moins saignante à l’encontre du rock-business  qui, manifestement, n’intéresse pas Pete Garrett

 

À ce propos, le morceau « Don’t Want To Be The One » est clair : « La majorité des chanteurs font des galipettes sur le parquet, en tirant une langue grosse comme ça ou en faisant des grimaces, personne ne fait le moindre effort pour paraître moins con que son voisin. Nous n’avons jamais été comme cela et jamais nous ne le serons. Ça me rend malade de voir toutes ces soi-disant rock stars devenir riches, grâce à la concrétisation de leurs fantasmes d’adolescents, puis se casser avec leur pognon, se bourrer le nez de saloperies, s’offrir de nouvelles bagnoles de sport et, finalement, ne plus rien faire de constructif. Bonjour la déchéance, et on applaudit ces gens-là !?!… ».

 

Les sessions de Place Without A Postcard ne plaisent pas à la maison de disques, qui demande au groupe d’enregistrer de quoi faire un ou deux singles. Le refus est bien évidemment immédiat et l’album devra attendre de longues années avant d’être vendu en Europe, tout en récoltant pendant ce temps un beau succès de l’autre côté de la planète. 

 

S’ensuit une triomphale tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande, puis un second voyage en Grande-Bretagne pour l’enregistrement de ce qui restera comme LE premier véritable album de Midnight Oil. Là où Place Without A Postcard laissait entrevoir de nouveaux et larges horizons, quoique de façon encore maladroite, nous avons droit à une parfaite osmose et à des morceaux tous plus magiques les uns que les autres. L’album s’intitule 10,9,8,7,6,5,4,3,2,1 (plus communément 10 to 1) par les fans) et il y est fortement question d’armement. Le potentiel est tel que CBS le distribue mondialement, avec succès. 

 

Classé deux ans de suite dans les charts australiens, bien accueilli aux States et en Europe, il marque, en même temps qu’un changement musical conséquent, un nouveau démarrage pour le quintet. Une date en support des Who clôt ce second périple londonien, mais il refuse de les accompagner sur leur longue tournée américaine (56 dates), l’album n’étant pas encore sorti au moment de la cruelle décision.

 

Le groupe reste une fois de plus fidèle à ses choix initiaux et ne change pas ses bonnes habitudes : concerts de charité et propos assassins, en particulier concernant la politique d’armement américaine et les essais nucléaires dans le Pacifique. Le titre « U.S. Forces », par exemple, va droit au but : messieurs du gouvernement américain et de la C.I.A., faites exploser vos bombes chez vous, cela vous calmera peut-être ! ».

 

James Moginie : « Je ne suis pas surpris par le bon accueil des Américains. Après tout, nos propos les concernent et ce sont les seuls qui peuvent comprendre où nous voulons en venir, parce qu’ils ressentent les choses de la même manière que nous. ».

 

Ceci dit, le groupe s’applique toujours à décrire de façon féroce les us et coutumes de ses compatriotes, en particulier dans le poignant « Power And The Passion », titre dédié à Sydney et décliné comme une lettre d’amour/haine passionnée. Si la renommée du groupe s’étend progressivement, personne ne sait comment étiqueter ces satanés Australiens venus de nulle part pour asservir nos pauvres oreilles qui n’en demandent pas tant.

 

James : « Où que nous allions, on nous affuble de descriptions plus hasardeuses les unes que les autres. Les Américains pensent que nous sommes un groupe punk et les Anglais affirment que nous faisons du heavy metal ! ».

Pete : « Nous avons été comparés à des communistes, des socialistes, des anarchistes, des métalleux, des punks, des new-waveux, des rebelles, à des fous et à je ne sais quoi d’autre encore… ».

 

1984 est un tournant décisif de plus dans la déjà bien fournie carrière des huiles de minuit, pour deux raisons. Tout d’abord parce qu’ils sortent leur meilleur album (et de loin), Red Sails In The Sunset, dont une chanson (« Best Of Both World ») a failli être utilisée comme générique de Mad Max 3, mais aussi parce que Pete Garrett accepte de postuler au poste de sénateur sous l’enseigne N.D.P., un mouvement d’extrême gauche créé par des acteurs et écrivains. Si d’emblée, la tentative du géant vert semble plus sérieuse que celles, plus anciennes, d’autres musiciens comme Jello Biafra ou Screaming Lord Sutch, on le prend quand même pour un clown tout juste sorti de son rock’n’roll show.

 

« On ne m’a pas pris au sérieux tout de suite. Lors de mon premier débat, j’ai été confronté à des candidats assez populaires. D’entrée, j’ai défié l’un d’eux de nous expliquer comment fabriquer des équipements capables de nous détruire était la meilleure façon de nous préserver. Je n’ai ressenti aucune gêne face aux caméras. Nul besoin d’avoir l’habitude, il suffit d’être honnête et tout va pour le mieux. ».

 

Et notre apprenti politicien de poursuivre : « J’ai eu la chance durant mes études d’avoir appris le vocabulaire de juriste, que je manie assez bien. Avoir évolué dans un milieu familial où les discussions politiques étaient monnaie courante m’a également beaucoup aidé. En tout cas, je n’étais pas intimidé par tous ces guignols. Ils employaient de grands mots pour ne pas dire grand-chose, tout cela n’était pas très réjouissant. En définitive, j’ai compris que les politiciens tenaient un langage qu’ils ne comprenaient pas eux-mêmes. Ce jour-là, devant leur télé, les gens n’ont vu qu’un grand type chauve harcelant tous ces diplomates qui répondaient tout et n’importe quoi. Mon atout a été de les éloigner rapidement de leur discours initial. Un débat théâtral, intéressant et plutôt haut de couleurs… (rires) ».

 

Au tour préliminaire, Pete est largement en tête, mais n’obtient pas suffisamment pour être élu directement. Un second tour est donc organisé et —il fallait s’y attendre— on s’arrange pour l’écarter (de justesse). « Pour tous les principaux partis du pays, il fallait absolument que je ne sois pas élu. Ils ont alors créé, fait sans précédent dans l’histoire de notre pays, une coalition pour me faire tomber. ».

 

Plus énervé que déçu, Pete s’affiche sur toutes les couvertures, édite un bouquin (Political Blues, dont le titre se suffit à lui-même) et participe à de nombreux meetings, avant de retourner aux préoccupations plus simplistes du groupe, après avoir préalablement démissionné du N.D.P.

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Midnight Oil « Stars Of Warburton » (Blue Sky Mining, 1990)

  2. Midnight Oil « Sometimes » (Diesel And Dust, 1987)

  3. Midnight Oil « Power And The Passion » (10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 1982)

  4. Ghostwriters « Start The Day » (Political Animal, 2007)

  5. Midnight Oil « Bullroarer » (Diesel And Dust, 1987)

  6. Midnight Oil « Bring On The Change » (Breathe, 1996)

  7. Midnight Oil « Helps Me Helps You » (Red Sails In The Sunset, 1984)

  8. Midnight Oil « Rivers Runs Red » (Blue Sky Mining, 1990)

  9. Midnight Oil « World That I See » (Capricornia, 2001)  

  10. Midnight Oil « When The Generals Talk » (Red Sails In The Sunset, 1984)

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009) Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Midnight Oil (04/12 au 08/12 inclus !), Sam Gopal (09/12), Wild Turkey (10/12)… 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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