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MIDNIGHT OIL PART 1 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

04/12/2018

Ils sont de retour, plus verts et virulents que jamais, avec en première ligne face aux projecteurs le toujours aussi charismatique Pete Garrett. Retour sur la formidable ascension d’un groupe vraiment pas comme les autres…

 

Aujourd’hui, si l’on écoute toutes ces stars plus ou moins rockisantes qui apparaissent sur le marché comme les vulgaires produits de synthèse qu’elles sont, leur histoire ressemble plus à une étude de marché ou un plan marketing qu’autre chose. Idem pour toutes ces formations qui se font et se défont ou changent radicalement de registre musical en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire.

 

Pas étonnant que les auditeurs potentiels les plus jeunes ne lèvent pas la tête de leur console vidéo, ce rock’n’roll business n’a décidément pas grand-chose d’alléchant ! Heureusement, il y a toujours des exceptions qui confirment cette malheureuse tendance, mais aussi certains groupes qui continuent —ou parfois reprennent, comme ici— leur petit bonhomme de chemin, sans trop se soucier des vaguelettes formées autour de modes interchangeables, mais en se concentrant sur le même objectif, inlassablement : rester maître de soi et poursuivre l’exploration sonore mise en place dès le premier album.

 

Midnight Oil est de ces rares groupes à n’avoir jamais dévié de ce but originel, sans toutefois avoir opté pour une vision figée. Le monde change, les expériences communes ou personnelles des différents membres s’accumulent et de cet imbroglio kaléidoscopique est né tous les 2/3 ans un nouveau jalon discographique, comme autant d’étapes marquantes visant à chapitrer le livre en perpétuelle écriture automatique d’une bande d’amis musiciens qui vit sa musique par nécessité plus que par choix.

 

La décision initiale, elle est due au hasard, quelque part à Sydney dans le courant de l’année 76. Pete Garrett se souvient : « J’ai lu une petite annonce dans un canard spécialisé, à propos de deux musiciens qui cherchaient un chanteur pour une tournée estivale sur la côte. Je me suis présenté à l’adresse indiquée, un vulgaire garage où deux types produisaient un boucan du diable avec une installation de fortune. C’est ainsi que tout à commencé… ».

 

Ces deux musiciens, vous l’avez deviné, ce sont Rob Hirst (batterie) et James Moginie (guitare et accessoirement claviers), le noyau dur de la troupe, puisqu’ils en sont les principaux compositeurs, notre géant vert se contentant d’être le porte-parole, statut qui lui convient à merveille. Il faut dire que le larron n’a pas sa langue dans sa poche, loin s’en faut et qu’il n’hésite pas à l’ouvrir bien grande. Une anecdote remontant à 1969, époque où il usait ses fonds de jeans sur les bancs d’une université, est assez symptomatique de cet état de fait. « Notre prof d’économie avait stoppé net son cours pour demander à ceux qui étaient en âge de voter s’ils allaient choisir le parti libéral, celui des travailleurs ou un autre. Pour une fois, je me trouvais au premier rang (sourire) et, quand j’ai entendu le nom du parti du travail, j’ai tranquillement levé ma main, tout en me demandant combien d’autres types avaient fait le même choix. Je me retournais donc tout en pensant que le résultat allait être équilibré ou qu’à la rigueur je faisais partie de la minorité. En fait, j’étais seul, le bras tendu, comme si je faisais « coucou » ; tout le monde avait les yeux braqués sur moi ! (rires) ».

 

Quelques années plus tard, dont pratiquement cinq passées à Science Po, histoire de consolider son bagage en la matière, Pete quitte l’Université de Camberra, diplômes en poche. S’octroyant une année sabbatique pour calmer un peu ses neurones, il prend la route comme chauffeur (un gros camion), jusqu’à ce qu’une petite formation locale (Rock Island Line) lui propose de devenir roadie. Finalement, il se retrouve presque par hasard (et oui, encore le destin) sur scène, un micro à la main, parce qu’il faut bien que quelqu’un remplace au pied levé le frontman du groupe, subitement disparu.

 

C’est ainsi qu’il devient chanteur (à l’époque, il a les cheveux longs, blonds et frisés !) et c’est pourquoi il prend, quelques semaines plus tard, le chemin du garage poussiéreux où s’échine la paire Hirst/Moginie. Contrairement à ce que peut laisser penser le nombre de décibels en présence ce jour-là, les deux larrons ne sont pas tout à fait des novices. En réalité, ils jouaient déjà ensemble depuis 71 et avaient formé dès l’année suivante le groupe Farm, en compagnie du bassiste Andrew James, dont les venues aux répétitions étaient plutôt sporadiques.

Farm s’est jusque-là contenté d’une poignée de concerts étudiants, pour lesquels le trio met en place d’approximatives reprises du Creedence Clearwater Revival, Cream et Led Zeppelin.

 

Ce n’est qu’en 76, avec l’arrivée de Pete Garrett, qui représente enfin un chanteur à la démesure de leur barbarisme musical, que ses membres décident de passer à la vitesse supérieure. Le groupe recrute également Martin Rotsey, pour remplacer Andrew James, malade, et le garde finalement comme second guitariste, après le rétablissement de ce dernier. Pratiquement au même moment, Farm devient Midnight Oil, un nom tiré au sort dans un chapeau. Exception faite de Pete Garrett, tous sont encore à l’école, et aux abords de la rentrée 77, chaque garnement prend son sifflement le plus paisible et son air penaud de circonstance pour annoncer à ses géniteurs respectifs sa décision de quitter la routine scolaire pour se lancer à fond dans la musique. Dur dur à faire avaler dans un pays aussi conservateur que l’Australie…

 

Résultat des courses classique : les parents ferment leur clapet, les fistons s’en tirent de façon plus ou moins adroite et commence alors la valse des petits concerts, n’importe où de préférence dans des hôtels et des pubs. Un passage de l’amateurisme forcené à un semblant d’esquisse de professionnalisme pas toujours évident. « Personne n’était intéressé par nos chansons », se souvient Pete Garrett, « parce que nous n’étions pas dans l’air du temps, c’est-à-dire disco, FM ou variété tout public. Nous n’avions pas de point commun avec les Eagles ou les Sex Pistols, alors on jouait dans des pubs pour surfeurs, ce genre d’endroits où quel que soit le groupe présent, il y a toujours autant de monde dans la salle, ou plutôt si peu. Chaque soir, devant une centaine de personnes, nous sortions toute notre énergie et nos tripes, parce que c’était notre seul gagne-pain jusqu’au prochain concert… ».

 

Et notre homme de poursuivre : « Nous avions une attitude révoltée, nous devions nous démerder seuls. Nous ne voulions pas entendre parler de management, de booking agency et de tout ce qui avait un rapport avec l’industrie musicale. Heureusement, il y avait un sacré paquet de clubs sur la côte, prêts à accueillir des types de notre espèce ».

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF   :

  1. Midnight Oil « Tone Poem » (Capricornia, 2001)

  2. Midnight Oil « No Man’s Land » (radio edit) (single, 2003)

  3. Midnight Oil « US Forces » (10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1, 1982)

  4. Midnight Oil « Truganini » (Earth And Sun And Moon, 1996)

  5. Midnight Oil « The Dead Heart » (Diesel And Dust, 1987)

  6. Midnight Oil « Koala Spirit » (Head Injuries, 1979)

  7. Midnight Oil « Redneck Wonderland » (Redneck Wonderland, 1998)

  8. Midnight Oil « Golden Age » (Capricornia, 2001)

  9. Midnight Oil « Hercules » (Species Deceases, 1985)

  10. Midnight Oil « Kosciusko » (Red Sails In The Sunset, 1984)

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Langhorne Slim "Be Set Free", 2009) Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt — Presidents Of The United States Of America (The) ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) ; 

Zappa (Frank) part 1 Zappa (Frank) part 2 Zappa (Frank) part 3 Zappa (Frank) part 4 — Zappa (Frank) part 5 Zappa (Frank) part 6 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Midnight Oil (04/12 au 08/12 inclus !), Sam Gopal (09/12), Wild Turkey (10/12)… 

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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