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FRANK ZAPPA PART 5 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

30/11/2018

Qui connaissait Frank Zappa ? Existait-il au moins quelqu’un sur Terre capable d’arriver à cerner le personnage et ce qu’il nommait lui-même la « continuité conceptuelle » de son œuvre ?… Retour sur la carrière mouvementée de notre grand zazou zappeur…

 

Pour lire la story en trois parties, ça se passe par là , puis ici et enfin de ce côté-ci !

 

(…/…) 

 

Discographie sélective de 1966 à 1993 — part 2

—>>> (part 1) <<<—

 

JUST ANOTHER BAND FROM L.A. (1972)

Enregistré au Pauley Pavillion de Los Angeles seulement deux petits mois après le concert d’où fut tiré Fillmore East, Just Another Band From L.A. présente sensiblement le même line-up que son frère cadet, à l’exception de Bob Harriss (claviers en second disparu entre temps) mais s’en distingue par la plus grande diversité des tendances proposées. En effet, s’y succèdent « Billy the Mountain », une extravagante autant qu’hilarante opérette qui approche les 25 minutes, une version époustouflante de « Call Any Vegetable », trois fois plus longue que l’originale disponible sur We’re Only In it For the Money, une variante amusante de « Dog Breath » sorti sur Uncle Meat et d’honnêtes performances avec « Eddie, Are You Kidding ? » et « Magdalena ». Autre point commun non négligeable entre Just Another Band From L.A. et Fillmore East : leur fabuleux impact aux quatre coins du monde et tout particulièrement en Australie où ils seront tous deux couronnés d’or à peu de temps d’intervalle.

 

WAKA/JAWAKA (1972)

Blessé grièvement et immobilisé à domicile, suite à un accident stupide dû à un individu arrivé de nulle part lors d’un concert et qui l’avait molesté avant de l’expulser carrément du haut de la scène, Zappa entreprend avec Waka/Jawaka de donner une suite à Hot Rats. Perfectionniste et discipliné comme à son accoutumée —et toujours délibérément ambigu—, notre prodige d’expérimentations tous azimuts choisi ce coup-ci une orchestration globalement vouée au jazz rock, de laquelle se dégagent de nombreux changements de tempo inattendus, à grands renforts de solos carabinés (fantastique Don Preston sur le morceau qui donne son titre à l’album), de percussions incontrôlables et d’idées audacieuses. À l’instar de The Grand Wazoo, qui sortira très peu de temps après et qui en constitue d’ailleurs l’extension musicale logique Waka/Jawaka alignera de très bons scores en Scandinavie et principalement en Norvège où il figurera parmi les meilleures ventes de l’année 1972.

 

THE GRAND WAZOO (1972)

Toujours bloqué sur sa chaise roulante, Zappa profite de son handicap pour mettre sur partitions son fantasme le plus fou : The Grand Wazoo, un orchestre-armée de plus de 150 000 têtes, qu’il dirigerait impérialement sous le pseudonyme de Cletus Awreetus-Awrightus. Pour compliquer un peu l’histoire, l’action se situerait en plein cœur de l’empire romain et serait la conséquence d’une douteuse manipulation déliro-spatio-temporelle effectuée par le professeur Uncle Meat !… Si l’impact de The Grand Wazoo —l’album est plus modeste (une vingtaine de musiciens) que les délires de son créateur— sa trame musicale n’en est pas moins plus complexe : un jazz d’une précision clinique, parfois proche de Coltrane, qui s’adapte à merveille à des structures plus contemporaines et laisse une place prépondérante au mini-Moog de Don Preston, aux cuivres et à la guitare électrique (Tony Duran ou Frank himself).

 

OVERNITE SENSATION (1973) / APOSTROPHE (1974)

Overnite Sensation avec les Mothers Of Invention et Apostrophe en solo annoncent le comeback de Frank Zappa à un rock de facture plus traditionnelle et donc plus facilement abordable. Leur réédition  sur un même CD n'était par conséquent pas un hasard. N’allez surtout pas croire que notre homme a perdu son grain de folie inimitable et cet humour si caractéristique. Au contraire, il profite de cet énième revirement de situation pour pondre quelques-uns de ses textes les plus acerbes, en témoignent « Dinah-Moe-Hum », « Cosmik Debris », le très pervers « Dirty Love » ou encore « Stink Foot » qui fera l’objet d’une délirante adaptation BD signée Solé/Dister/Gotlib (cf. Pop & Rock & Colégram, 1978). La zique n’en est pas moins excitante et, entre autres gâteries, aligne une sacrée brochette d’interventions très convaincantes, dont les artificiers ont pour nom George Duke (claviers), Jean-Luc Ponty (violon), et, bien évidemment, Zappa lui-même (« 50/50 », « Cosmik Debris » encore, « Montana » et « Apostrophe », co-écrit avec l’ex-Cream Jack Bruce).

 

ROXY AND ELSEWHERE (1974)

Enregistré principalement au célèbre Roxy d’Hollywood (d’où son titre) et paru six mois après Apostrophe, cet album ferme le triptyque débuté avec Overnite Sensation, mais est déjà un ton en dessous de ses deux prédécesseurs, au niveau de la vitesse d’exécution of course, il ne s’agit en aucun cas ici de baisse de régime ou de fautes de goût. Au contraire, Roxy And Elsewhere est un des disques de Zappa les plus connus et appréciés de par le monde. Et pour cause, on y trouve quelques tranches de furia 100 % zappaienne, avec humour galvanisé, monologues et jeux vocaux divers, soli inspirés et, pour finir, l’inévitable dérapage de plus de quinze minutes, en l’occurrence le très spécial « Be-Bop Tango (of the Old Jazzmen’s Church) » qui tient plus de l’improvisation que d’autre chose, le tout superbement remixé, justifiant de ce fait le rachat obligatoire de la version laser…

 

ONE SIZE FITS ALL (1975)

Prolongement indiscutable du trio décoiffant composé de Overnite Sensation, Apostrophe et Roxy And Elsewhere, One Size Fits All s’en éloigne néanmoins quelque peu par le biais de rythmes autrement tarabiscotés, de mélodies excessivement hachées menu et d’ornements moins lymphatiques. C’est à partir de cet album que Zappa commence ses désormais célèbres bidouillages-miracle, sa spécialité résidant dans la manipulation d’extraits de concerts qui sont par la suite réhabilités et ‘overdubbés’ à outrance en studio. Par exemple, la rythmique d’« Inca Roads » (qui ouvre les hostilités) a été enregistrée lors d’une émission de télévision, son solo à Helsinki en Finlande, le tout ayant eu droit aux diverses combines de notre fouineur/producteur en chef. Signalons enfin la présence de Johnny « Guitar » Watson, dont vous vous souvenez certainement qu’il a été l’une des idoles de Frank Zappa adolescent, qui éructe quelques bribes éparses sur « San Ber’dino » et « Andy »

 

BONGO FURY (1975)

Après une série incalculable d’accros de toutes catégories et au moins autant de réconciliations, Zappa retrouve Captain Beefheart qui, entre temps, a enregistré un bon paquet de galettes avec son Magic Band (certaines sur le label Straight de son compère) pour une tournée mémorable et ce furieux Bongo Fury qui en découle. Si l’ensemble des compositions représente une continuation cohérente et assimilable aux précédentes œuvres, l’urgence qui s’en dégage est impressionnante à plus d’un titre. Il y a d’abord les formats utilisés qui ont tendance à être plus rigoureux encore, les excursions guitaristiques qui se font plus incisives et le chant du Captain, si démentiellement jubilatoire. Il faut dire que pour les séances de studio (« 200 Years Old », « Cucamonga » + diverses prises supplémentaires), notre braillard de service a obstinément refusé de porter le casque réglementaire, préférant nous la faire au feeling ; et quel feeling !

 

ZOOT ALLURES (1976)

Album-charnière entre la période rock et le retour du zazou zappeur à son éclectisme ravageur, Zoot Allures fait aussi figure de testament pour les Mothers Of Invention. Quelle importance en fait, puisque quel que soit le nom annoncé sur la pochette (les Mothers, Zappa ou encore Ruben & The Jets), c’était toujours le Sicilien qui tenait les rênes et écrivait 99 % de la musique et des textes et ce, depuis le début. Et puis, la réédition compacte n’était-elle pas contrôlée par lui seul, sous son unique appréciation et juridiction ?

Pour en revenir à Zoot Allures à proprement parler, notre diable de compositeur y signe quelques-uns de ses bolides les plus renversants (« Win Up Workin’ in a Gas Station », « Friendly Little Finger », le très lourd « Wonderful Wino » ou encore « Black Napkins » et sa guitare en fusion), ainsi que certaines pièces plus osées encore appréciées à leur juste valeur aujourd’hui (« Find Her Finer », « Zoot Allures », « Disco Boy »…).

 

ZAPPA IN NEW YORK (1978)

À l’origine destiné à sortir un coffret aux côtés des trois albums qui suivent (Studio Tan, Sleep Dirt et Orchestral Favorites), Zappa in New York paraîtra finalement en éclaireur, les autres suivant chacun leur tour à quelques mois d’intervalle. Dommage, l’idée initiale du Sicilien aurait pu s’avérer intéressante puisqu’il désirait proposer un vaste panorama musical sous une même étiquette, avec  ce live qui était censé servir de contrepoids aux délires instrumentaux des trois autres ; le folklore du ‘zazou on stage’ d’un côté, ses interminables machouillages de l’autre. Pour la petite histoire, sachez que notre compositeur était à l’époque sous contrat avec la warner et qu’il lui restait un an et demi de bagne à tirer dans cette galère et quatre albums à livrer. Par ailleurs, il était stipulé dans son contrat qu’on lui remettrait un chèque dès qu’il apporterait une production : il est donc arrivé un matin avec ses quatre galettes sous le bras, afin de regagner sa liberté, mais ne fut jamais payé (et un procès de plus à son actif, un !).

 

STUDIO TAN (1978)

Si vous connaissez un tant soit peu Frank Zappa ou si vous avez déjà discuté avec un amateur du maître, vous avez sans doute entendu parler du morceau intitulé « The Adventures of Greggery Peccary » qui ouvre ce Studio Tan (en beauté) du haut de ses 20 minutes et 33 secondes. Grandiose, il n’y a pas d’autre mot pour définir cette histoire de fous composée en 1972 (un grand millésime, le même que « The Grand Wazoo », une autre fable de déjantés) et enregistrée deux ans plus tard, même si évidemment elle a bien du mal à tenir la distance, comme tout exercice périlleux de cet acabit. Signalons que le remix digital de Bob Stone redonne un peu de nerfs à l’ensemble, d’autant plus qu’au moment de sa sortie en 1978, Zappa n’avait pas pu suivre le processus de production jusqu’à l’équalisation finale, comme il en a l’habitude.

 

SLEEP DIRT (1979)

Inégal, Sleep Dirt est systématiquement le meilleur des trois albums voués entièrement aux expérimentations les plus folles ; et le pire du lot ! C’est qu’il s’y côtoie des morceaux de bravoure tels que « Filthy Habits », le long « The Ocean is the Ultimate Solution » ou celui qui donne son titre à l’album, où les sons s’entrechoquent, fusionnent et explosent —un vrai feu d’artifices, parfois légèrement fluet, de temps à autre imperméable, mais jamais lassant— et des gâchis comme « Flamby » et « Time is Money », chantés tous deux par Thanas Harris, sorte de grossière Castafiore à deux euros cinquante. L’océan (comprenez par là la noyade) est certainement l’ultime solution pour ce genre de créature, de même que pour l’affreuse pochette qui orne ce disque, à l’instar de celles de Studio Tan (encore passable) et de Orchestral Favorites (un summum de laideur). Ah, si WEA avait laissé à Zappa son droit de regard habituel…

 

ORCHESTRAL FAVORITES (1979)

Clôturant l’invisible et fantomatique coffret, Orchestral Favorites bénéficie, tout comme Studio Tan, mais c’est ici beaucoup plus flagrant, de l’appui d’un orchestre de musiciens de studio de Los Angeles. Discipliné et rigoureux, tout ce joli petit monde, soit près d’une quarantaine de participants, y compris l’incomparable sieur Biozzo derrière les fûts, tente du mieux qu’il le peut de coller aux partitions démoniaques que leur avait concocté le Sicilien. Et pas question de fainéantiser quand on connaissait la rapidité d’exécution de ce diable de contremaître touche-à-tout et encore, cette vitesse dans le travail n’était rien comparée à son envie absolue de rigueur et son avide désir de perfection. Ils sont bien rares ceux qui méritent autant que lui son statut de compositeur, en particulier dans le milieu rock où quelques accords alignés suffisent à certains.

 

SHEIRK YERBOUTI (1979)

Suite aux flops retentissants de trois albums voués entièrement aux recherches instrumentales les plus folles (Studio Tan, Sleep Dirty et Orchestral Favorites), Zappa-l’alchimiste revient en force avec ce Sheirk Yerbouti surprenant de maturité et d’ingéniosité ; et qui annonce une des périodes les plus prolifiques et inspirées du maître, où les parutions vont se suivre à un train d’enfer, sans toutefois se ressembler les unes aux autres. Magnifiquement produite, montée comme un film et bourrée jusqu’au ras du couvercle d’overdubs en tous genres, cette collection de morceaux enregistrés en concert n’a aujourd’hui rien perdu de son mordant. Des réussites telles que le monstre d’ironie qu’est « Bobby Brown Goes Down » (n°1 en Scandinavie pendant plusieurs mois), « Flakes » qui pastiche Dylan ou « The Sheirk Yerbouti Tango » qui louche furieusement du côté de Santana, n’y sont assurément pas innocentes…

 

JOE’S GARAGE (1979)

Joe’s Garage est un opéra-rock en trois actes typiquement zappaien, c’est-à-dire aux emprunts difficilement perceptibles et dont l’histoire raconte la lutte acharnée d’un groupe de musiciens (avec qui vous vous doutez à leur tête) face au gouvernement qui a aboli toute forme de musique et au ‘Central Scrutinizer’, une étrange machine chargée d’éliminer les éventuels contestataires et resquilleurs. Tout ceci ne s’avère être, en fait, qu’un vague prétexte —mille fois pardonné tant le contenu est excellent— à la mise en avant des talents de guitariste de notre hors-la-loi, dont la virtuosité et l’impétuosité vont crescendo, du premier acte qui sert d’introduction au concept, aux deux derniers où s’enchaînent des débordements six-cordistes plus jouissifs les uns que les autres : de la succession de notes qui déchire le mur du son l’espace d’un instant, aux mélodies nonchalantes, en passant par quelques rythmiques de derrière les fagots…

 

(À SUIVRE…)

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF (par Daniel ABK6 !)  :

  1. Zappa « In France » (Them Or Us, 1984)

  2. Frank Zappa & The Mothers Of Invention « Can't Afford No Shoes » (One Size fits all, 1975)

  3. Frank Zappa « Flakes [Live] » (Sheik Yerbouti, 1979)

  4. Zappa « SEX » (The Man From Utopia, 1983)

  5. Frank Zappa « Goblin Girl » (You Are What You Is, 1981)

  6. Frank Zappa « Plastic People » (Joe's Corsage, 2004)

  7. Frank Zappa « Apostrophe » (Apostrophe, 1974)

  8. Frank Zappa « G-Spot Tornado » (Jazz From Hell, 1986)

  9. Zappa « Black Napkins » (FZ OZ, 2002)

  10. Frank Zappa « Whipping Post » (Does Humor Belong in Music, 1986)The Mothers Of Invention

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

SEMAINE Frank Zappa (26/11 au 01/12 inclus !), Wild Turkey

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sam Gopal, Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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