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FRANK ZAPPA PART 1 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

26/11/2018

Qui connaissait Frank Zappa ? Existait-il au moins quelqu’un sur Terre capable d’arriver à cerner le personnage et ce qu’il nommait lui-même la « continuité conceptuelle » de son œuvre ?… Retour sur la carrière mouvementée de notre grand zazou zappeur…

 

Faut dire qu’il y a de quoi ne pas y retrouver ses petits au beau milieu de cette dense et complexe discographie (plus de cinquante albums, dont une bonne partie de doubles, triples et autres coffrets !) qui s’étale sur plus d’un quart de siècle et aborde des genres aussi éloignés que le jazz, le rhythm’n blues, la musique classique ou le rock pur et dur.

 

Partisan du bordel organisé (ou de l’organisation bordélique, au choix) et dadaïste devant l’éternel, Zappa était passé maître de cérémonie incontesté en matière de délires iconoclastes, aussi bien avec ses Mothers Of Invention que sous son propre patronyme, frappant rarement là où on l’attendait, préférant au raisonnement logique le sens du détournement insinuant, au sérieux du commun des auteurs-compositeurs le clownesque bariolé, et au langage classique les sous-entendus les plus acerbes et irrespectueux.

 

De ce fait, notre homme avait toujours été connu du grand public pour ses éternelles facéties scéniques, l’immense plaisir qu’il prenait à tout tourner en dérision et ses interminables procès avec l’administration américaine ou avec ses maisons de disques successives, que pour ses réels talents de musicien ; ce qui ne l’empêchait pas d’être adulé par les plus fidèles fans qu’un artiste puisse rêver.

 

Comment pouvait-il en être autrement ? Imperturbable derrière son allure de mafioso faussement débonnaire, au visage sculpté à coups de serpe et à la barbichette malicieuse et effrontée, Zappa se contrefichait du qu’en-dira-t-on et préférait se préoccuper de ce statut de « compositeur du temps présent » qui lui allait si bien. Car c’était un véritable travailleur de force auquel nous avions affaire, un perfectionniste comme on n’en fait plus depuis des lustres, une machine à pondre des tonnes de partitions en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, un visionnaire fou et imprévisible, un allumé excentrique et pervers, un maestro du rythme concassé et de la mélodie tire-bouchonnée, un stakhanoviste polyvalent et méticuleux ; bref, ni plus ni moins qu’une des plus grandes figures de ces trois dernières décennies, un mythe à ranger aux côtés des Dylan, Barrett, Reed et Lennon

 

Pourtant, au début, rien de semblait le différencier de milliers d’autres petites frimousses, ni le destiner à autre chose qu’à l’errance fade et ‘tranquille’ de la population américaine dans sa quasi-globalité. Au contraire, son existence prenait plutôt un démarrage anodin et lugubre, puisque pour sa première intervention, le 21 décembre 1940, Frank Vincent Zappa ne poussa pas le célèbre cri de guerre de tout bambin qui se respecte, mais se présenta plutôt sous l’aspect d’un boudin noir au souffle imperceptible. On le crut mort.

 

Malheureusement pour ses futurs détracteurs, ceci n’était que l’amorce d’une longue série d’anecdotes burlesques et de turbulences en tout genre. Ses parents, d’origine sicilienne (et accessoirement greco-arabe et française), n’étaient pas —il faut bien l’avouer— les meilleurs modèles du genre. C’est qu’il existe tout de même des lots quotidiens plus sympathiques qu’un paternel porté sur la vinasse et très friand de maniements nocturnes de gros calibres et qu’une mère effacée devant l’autorité maritale. Comment s’étonner après cela de voir le petit Francis (son p’tit nom d’enfant !) devenir maître dans l’art de faire exploser les balles de ping pong et grand amateur d’expériences pseudo-scientifiques telles que les tripatouillages du DDT que papa —qui travaille pour l’US Army— entrepose discrètement au grenier pour on ne sait quelle raison ?…

 

Pour couronner le tout, la petite maison qui abrite la famille Zappa à Baltimore, Maryland, est loin de ressembler à ce que le commun des mortels se plaît à imaginer comme étant le paradis sur Terre. Petite et mal isolée, elle est la proie idéale du monstrueux bloc d’usines situé tout près et qui envahit inlassablement et imperturbablement l’air de gaz toxiques divers et d’une fine poussière qui recouvre le sol, de nuit comme de jour. S’ensuivent pour nos Siciliens, outre le fait que leur environnement n’est pas des plus joyeux, de nombreux problèmes de santé et notamment quelques carences respiratoires.

 

Francis, beaucoup plus touché que son frère cadet Bobby, collectionne les crises d’asthme comme d’autres les billes multicolores ou les petites voitures et souffre tellement des oreilles qu’il est obligé, pour calmer la douleur, de se les badigeonner d’huile d’olive 24 heures sur 24. Papa Zappa, quant à lui, met son corps à la disposition de l’armée qui, pour quelques dizaines de dollars par semaine —de quoi renflouer les fins de mois difficiles— y effectue divers test chimiques et biologiques, plus appétissants les uns que les autres et dont elle évite bien scrupuleusement de révéler à la fois l’origine et les conséquences probables.

 

Rien de surprenant donc à ce qu’un beau jour de 1951, tout ce joli petit monde décide de plier bagages pour la Californie, pays de rêves et de soleil, via un court séjour en Floride, histoire de s’habituer aux alligators et autres nuées de moustiques. Jusqu’à ce moment-là, l’intérêt que porte Frank ‘Francis’ Vincent Zappa à la musique se résume à l’achat de quelques 45 tours de rhythm’n'blues, de Howlin Wolf à Johnny ‘Guitar’ Watson, en passant par Muddy Waters et Sonny Boy Williamson ou d’autres moins connus tels que Don & Dewey, Clarence Brown, Guitar Slim, The Spaniels, The Orchids, The Nutmegs, The Paragons, etc., etc.

 

Ce n’est qu’à l’âge de douze ans qu’il se fourre dans le crâne l’idée de devenir batteur, fixation qu’il abandonnera aussitôt après une infructueuse mésaventure avec les Ramblers en 56, qui le remercieront à cause de son attitude jugée par trop anarchique et de son goût trop prononcé pour des méthodes expérimentales et abracadabrantes qui ne pouvaient en aucun cas aller de paire avec l’esprit conservateur de l’époque. Qu’à cela ne tienne, notre adolescent remplace ses fûts par une guitare flambant neuve et se lance à l’attaque de ce nouvel instrument, avec l’aide de son frangin, déjà accro à la six-cordes depuis une poignée d’années.

 

(À SUIVRE…)

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF (par Daniel ABK6 !)  :

  1. The Mothers Of Invention « Trouble Every Day » (Freak Out, 1966)  

  2. Frank Zappa & The Mothers Of Invention « San Ber'dino » (One Size Fits All, 1975)

  3. Zappa « The Torture Never Stops » (Zoot Allures, 1976)  

  4. The Mothers Of Invention « Cheap Thrills » (Cruising with Ruben & the Jets, 1968)  

  5. Frank Zappa « The Illinois Enema Bandit » (Zappa In New York, 1977) 

  6. Frank Zappa « Penguin in Bondage » (The Best Band You've Never Heard in Your Life, 1991) 

  7. Frank Zappa & The Mothers « Dirty Love » (Over-Nite Sensation, 1972)  

  8. Frank Zappa « Bobby Brown » (Sheik Yerbouti, 1979)    

  9. The Mothers Of Invention « Flower Punk » (We're Only in It for the Money, 1968) 

  10. Frank Zappa « Watermelon in Easter Hay » (Joe’s Garage Acts III, 1979)  ​

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Bad Company ("Bad Co", 1974) Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

Fat ("Fat", 1970) FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

SEMAINE Frank Zappa (26/11 au 01/12 inclus !), Wild Turkey

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sam Gopal, Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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