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BAD COMPANY "BAD CO" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

24/11/2018

Après l’excellent Heartbrearker de Free, paru en 1973, Paul Rodgers s’en alla fonder Bad Company, qui était ni plus ni moins qu’une nouvelle mouture de Free pour certains et un super groupe pour d’autres. Outre son ex-partenaire dans Free, Simon Kirke, figuraient au sein de Bad Company Mick Ralphs (Mott The Hoople) et Boz Burrell (King Crimson). Signé chez Swan Song (Peter Grant, le manager de Led Zeppelin les enrôla), le premier album fit grand bruit à sa sortie : n° 1 aux USA et n° 3 au Royaume-Uni.

 

Bad Co fait partie de ces disques destinés à la « driving music ». En 1974, le rêve américain était toujours de mise, madame la Marquise ! « Can’t Get Enough », « Rock Steady », « Bad Company », « Movin’ On » étaient parfaits pour les highways non revisitées. Certes, ce n’est pas la meilleure écriture niveau prose de Paul Rodgers, mais question mélodies, c’était imparable. Et force est de constater qu’elles ont bien vieilli, ces foutues compositions. La recette était simple : un rock musclé sur lequel s’époumonait la voix puissante et émouvante de Paul Rodgers. 

 

Comment expliquer ce succès immédiat, si ce n’est grâce à la qualité de l’enregistrement de Ron Nevison, qui a accompli un boulot complètement dingue sur ce coup-là. Il faut jouer cet album le plus fort possible pour prendre conscience de l’intelligence et la force du mixage. Ron Nevison a su tirer partie de la qualité des quatre musiciens pour ne créer qu’une unique et puissante locomotive gorgée de soul, de blues et de rock. 

 

La deuxième raison de ce succès retentissant est que nous sommes face à des hits en puissance. Ils ont raison du temps. Huit en tout et pour tout ! Dont la reprise d’un titre écrit par Mick Ralphs et joué par Mott The Hoople sur All The Young Dudes (« Ready For Love ») et le fabuleux « Bad Company » en hommage au western du même nom (avec Jeff Bridges) qui a donné le patronyme au groupe. 

 

L’écrin était noir. Brillante idée de Hipgnosis. Qui sait si AC/DC en a pris de la graine pour Back in Black ? On notera l’influence de Mick Ralphs, guitariste et songwriter accompli. « Can’t Get Enough » n’est-il pas le pendant au ralenti des riffs de « Rock’N’Roll Queen » de Mott The Hoople ? 

 

Quant à ranger Paul Rodgers au rayon grand chanteur, c’est amoindrir sa performance de musicien. Le bonhomme tient aussi la guitare et le piano. Après cet album, il devient une légende vivante du hard blues. Tant et si bien que c'étaient les « Can’t Get Enough », « Bad Company » et « All Right Now » qui ont fait se lever les plus anciens lors des concerts de Queen en sa compagnie ! 

 

La première signature de Swan Song était donc un gros carton avec huit balles dans le centre. Pour ce tireur d’élite qu’était Bad Company, normal que le second album se soit alors intitulé Straight Shooter. Straight Shooter qui, comme Bad Co, est récemment ressorti en version Deluxe (2015), avec le même traitement de faveur, à savoir un ravalement impeccable (le son des remasterisations est encore plus énorme, c’est dire !) et surtout une ribambelle d’inédits et de raretés du meilleur tonneau, au nombre de quatorze (et treize pour Bad Co). 

 

On retrouve ainsi des versions démo (« The Way I Choose », « Little Miss Fortune »), des versions alternatives ou parfois raccourcies ou au contraire plus longues (« Superstar Woman », « Easy On My Soul », « Can’t Get Enough » bien sûr, « Whisky Bottle », « Deal With The Preacher », etc.), parfois avec des paroles différentes, un harmonica ou un Hammond en plus ou une autre prise de guitare (« Feel Like Makin’ Love », « Good Lovin’ Gone Bad », « Can’t Get Enough » encore…), quelques faces B (« Little Miss Fortune »…) et mêmes deux purs inédits s’inscrivant dans la meilleure tradition de ce hard blues intemporel (« All Night Long », « See The Sunlight »). Sans oublier un packaging digipak quatre pans magnifique et des livrets de 20 pages foisonnant d’images et d’informations.

 

Le mot de la fin, dixit Paul Rodgers himself, sur l’arrêt brutal de Bad Company, né en 1974 et disparu moins de dix après, avec cinq albums magnifiques au compteur, et les poches pleines de dollars : « Si j'ai quitté Bad Company, c'est simplement parce que j'ai estimé que ce groupe me dévorait la vie. Il était devenu si énorme que nous n'en avions plus le contrôle. C'était un monstre qui absorbait toute notre énergie. Or, ma fille venait de naître. Et je voulais voir mes enfants grandir, connaître une vie de famille, ne plus perdre l'essentiel de ma vie sur les routes. La cadence de vie de Bad Co était réellement infernale : il fallait faire un album par an, et donc le composer tout en étant en tournée, et enregistrer au lieu de partir en vacances, et reprendre aussitôt la route. C'était usant, et cela nous déréglait totalement. J'ai donc voulu redevenir plus humain, retourner à la maison. J'ai débuté ma carrière solo pour faire un vrai retour sur moi-même, en bâtissant un studio chez moi, en jouant seul du plus d'instruments possible. »

 

Christophe Goffette (with a little help from my friend Eric Coubard) 

www.goofprod.com

 

 

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF  :

  1. Bad Company « Ready For Love » (Bad Co, 1974)

  2. Bad Company « Can’t Get Enough » (single edit) (Bad Co Deluxe Remastered Edition, 2015)

  3. Bad Company « Movin’ On » (Bad Co, 1974)

  4. Bad Company « Don’t Let Me Sown » (Bad Co, 1974)

  5. Bad Company « Little Miss Fortune » (B-side) (Bad Co Deluxe Remastered Edition, 2015)

  6. Bad Company « Rock Steady » (Bad Co, 1974)

  7. Bad Company « Seagull » (Bad Co, 1974)

  8. Bad Company « Easy On My Soul » (long version) (Bad Co Deluxe Remastered Edition, 2015)

  9. Bad Company « Bad Company » (Bad Co, 1974)

  10. Bad Company « Can’t Get Enough » (Hammond Version) (Bad Co Deluxe Remastered Edition, 2015)

 

Déjà paru :

Alice Cooper part 1 — Alice Cooper part 2 — Alice Cooper part 3 — Alice Cooper part 4 — Alice Cooper part 5 — Asherton (Johan) ;

Balaam And The Angel BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

El Khatib (Hanni)

FFSFleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail RidersHearts And Minds ("Hearts And Minds", 1990) Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — Mathe (Patrick) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Fat "Fat" (25/11), SEMAINE Frank Zappa (26/11 au 01/12 inclus !), Wild Turkey

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sam Gopal, Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

 

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