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ALICE COOPER part 5 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

16/11/2018

Chapitre 5 — Plus décadent, tu meurs !

 

[Pour relire la 1ère partie, c'est par ici !…, la 2nde par là !, la 3ème pas plus loin qu'ici ! Quant à la quatrième, vous ne devinerez jamais ? Hé oui, c'est de ce côté-ci que ça se passe !]

 

1973, la nouvelle année débute en fanfare. Alice s’installe à Manhattan, le 3 janvier le premier single issu de Billion Dollar Babies est mis en vente (« Hello Hooray ») et l’album (de tous les records) suit de près, le 25 février, parallèlement à quoi les lecteurs de N.M.E. ont la primeur d’un titre inédit, le très fifties « Slick Back Limousine », sur un flexi-disc. En février toujours, Alice rencontre Dali et pose pour lui. Avec ses deux monstres de la décadence ensemble, le résultat est au-delà des espérances des fans (à voir notamment sur le DVD Prime Cuts), avec notamment une montre molle et un éclair au café (censé représenté l’accessibilité de l’artiste par rapport à son public !)…    

 

Mais revenons-en au must d’entre les musts, Billion Dollar Babies, entré d’emblée numéro 1 dans tous les charts existants, plus grosse vente de l’année 73, toutes catégories confondues, et l’une des plus grosses des années 70 !…

 

Pour la session photos de la pochette, le groupe emprunte un million de dollars en liquide, les renvoie à la banque, mais lorsque l’argent est recompté un billet de dix dollars est manquant ; et Dennis Dunaway de s’écrier : « C’est Glen, il n’a pas pu résister ! »… Ce pauvre Glen Buxton, à peine présent sur le disque, bien que crédité normalement (il n’aurait assuré les guitares que du seul « Generation Landslide » !), suppléé par Mick Mashbir et par la paire qui fera plus tard la joie des premiers albums solos d’Alice Cooper : Steve Hunter et Dick Wagner.

 

C’est Donovan qui fait la « seconde voix » sur le morceau-titre, sur scène Michael Bruce assurait ses parties vocales. « No More Mr Nice Guy » avait été composé du temps de Killer mais ne collait pas plus au concept de ce dernier, qu’à celui de School’s Out ; et avait donc été repoussé à deux reprises. Pourtant, quel riff, quel tube, mes aïeux ! Un de plus… À noter une reprise, en début de galette : « Hello Hooray », titre composé par le canadien Rolf Kempf (une idée d’Ezrin, forcément) dont Judy Collins avait déjà enregistré une version… hum… pour le moins niaiseuse.

 

Très belle réédition Deluxe en 2001 (avec les photos à découper, mais pas le billet, du moins pas amovible), chez Rhino (who else ?), avec un second CD reprenant une bonne partie d’un concert donné à Houston en 73, ainsi qu’un titre extrait du concert du lendemain, à Dallas (respectivement les 28 et 29 avril). Que du bon et que du lourd (« Billion Dollar Babies », « I’m Eighteen », « Sick Things », « My Stars », « No More Mr Nice Guy », « Dead Babies », « I Love the Dead »…). Buxton étant au plus mal, pendant cette tournée, on entend clairement sur la plupart des titres, une troisième guitare, celle de Mick Mashbir. Et en bonus du bonus, toujours sur la seconde galette, trois titres studio supplémentaires : « Son Of Billion Dollar Babies » (en fait, une version alternative et démo de « Generation Landslide »), « Coal Black Model T » (une version antérieure de « Slick Black Limousine ») et, justement, « Slick Black Limousine » (le morceau offert au N.M.E.)… 

 

Cette édition collector existe également en version audio-DVD, avec les mixes quadriphoniques originaux de l’album, des versions live identiques ou différentes (mais toujours des deux mêmes concerts de Dallas et Houston, et en plus le rappel « School’s Out »/« Under My Wheels » qui n’est pas du tout sur la version CD), ainsi que la vidéo (un clip avant l’heure) de « Elected » (déjà sur Prime Cuts) et un commentaire/interview d’Alice…

 

La tournée qui suivit la sortie de Billion Dollar Babies devait démarrer par un show spécial au Palace, appelé —vous ne le croirez jamais !— « Alice at the Palace », une production de type broadway chorégraphié par Michael Bennet, une star dans le domaine. Cinq soirs avaient été prévus dans la salle, transformée pour l’occasion, mais ce fut annulé, officiellement à cause d’une demande trop élevée et parce que les propriétaires du Palace auraient eu peur que tout ceci tourne à l’émeute avec l’abordage du théâtre par les fans n’ayant pas pu acquérir de billets. La tournée « normale » reprend donc la route, même si l’idée d’un show au Palace a continué d’être mentionnée, de temps à autre, jusqu’en 76-77 environ…

 

La tournée (qui ne passe pas l’Europe, hormis un court séjour promo d’Alice) est celle où Alice porte ses gigantesque bottes léopards, c’est celle où apparaissait Richard Nixon (sur « Elected », forcément), il y avait aussi la dent géante, le dentiste, un sarcophage géant (muni de lasers, sur « My Stars ») derrière Neal Smith… Le show était vraiment « bigger than life », sur une scène énorme, ayant coûtée plus de 200.000 dollars, une fortune à l’époque. Les concerts débutaient par une série de coups de boutoir, enchaînés sans temps mort : « Hello Hooray » (évidemment), « Billion Dollar Babies », « Elected », « I’m Eighteen », « Raped & Freezin’ » et « No More Mr Nice Guy », après quoi « My Stars » et son laser marquait une transition, avant une seconde partie totalement théâtrale, avec mannequins, poupées, serpent, chapeau haut de forme et tout le toutim… Pour profiter pleinement de la chose, procurez-vous l’excellent DVD du film-concert Good To See You Again, disponible chez Eagle Vision. 

 

C’est d’ailleurs une avant-première privée de ce film sorti en salles à l’époque qui réunit le groupe, en septembre 73, après un été passé chacun de son côté, ce qui ne leur était pas arrivé depuis la formation du groupe, et pendant lequel notamment Michael Bruce en profita pour mettre en chantier son premier album solo. Le mois suivant, chacun emménage dans sa propre maison. Même si les membres du groupe réfutent toute tension à l’époque, il est fort à parier que le début de la fin de l’Alice Cooper Group date de cet été 73, au moment où, paradoxalement, la formation était recouverte d’or et de platine comme jamais…

 

La réponse aux interrogations sur la bonne santé du groupe arrive en novembre de la même année 73, avec l’album Muscle of Love (qui s’était un temps appelé A Kiss And A Fist !) Clairement, le disque est trois coudées au-dessous de tout ce qu’ils ont produit depuis Love It To Death, la déception est générale, les fans boudent. Il faut dire qu’après trois années à tourner en enregistrer sans discontinuer (que des chefs d’œuvre, qui plus est !), le groupe est rincé, vidé, chancelant… mais pas encore mort ! Car, rétrospectivement, tout n’est pas à jeter dans Muscle Of Love, loin de là. Des titres tels que « Big Apple Dreamin’ (Hippo) » « Teenage Lament » (seule incursion dans le Top 20 singles), la chanson-titre (encore jouée sur scène, parfois) ou « Hard Hearted Alice » tiennent assez bien le pavé. 

 

Anecdote amusante concernant le titre « The Man With The Golden Gun ». Alice est un grand fan des films de James Bond. Dans les années 70, l’agent secret britannique était, bon an mal an, présent sur les grands écrans chaque été et, à la fin des films, l’on pouvait lire, en bas du générique « retrouvez bientôt James Bond dans… » avec le titre du prochain épisode. Alice ayant ainsi vu que le Bond suivant s’intitulerait The Man With The Golden Gun, il composa un morceau du même nom, en pensant naïvement que les producteurs du film se jetteraient dessus immédiatement. Mais ces derniers ne voulaient surtout pas associer l’image d’Alice Cooper à celle du célèbre agent 007 (tu parles !) et la requête fut repoussée d’un air dédaigneux. 

 

Le plus difficile, finalement, à l’écoute de Muscle Of Love, c’était sans doute de perdre la patte de Bob Ezrin (le disque est produit par Jack Richardson et Jack Douglas, Ezrin étant officiellement malade, bien que cette version ait été démentie depuis, sans cependant donner plus d’explications à son absence), les arrangements sont plus épars et les ajouts (backing vocals assurés par les Pointer Sisters ou encore Liza MInelli) sont mal incorporés. Le mille-feuilles est paradoxalement écœurant alors qu’à d’autres moments il paraît d’une effarante pauvreté. Une fois encore, si l’on arrive à oublier les perles passées (pas évident), le disque mérite une oreille attentive, voire deux, allez disons une trois quarts et n'en parlons…

 

Rien de bien neuf non plus sur scène, le « Muscle of Love tour » n’étant qu’une photocopie conforme de la tournée précédente. L’année 74 n’arrange pas les affaires du groupe, sa tournée européenne est annulée. Chacun semble se dépatouiller dans son coin de ses petits problèmes personnels (de grande accoutumance à l’alcool, essentiellement). Alice, lui, se balade, au Mexique, puis dans différentes capitales européennes (pour les cinq ans du Goof que je suis toujours il est à Paris où il est aperçu en grande discussion avec Aristote Onassis !)… 

 

Fin mars, le groupe est enfin sur scène, à Sao Paulo, pour son plus grand concert (entre 120 et 150.000 personnes, selon les sources), d’autres dates suivent au Brésil, puis chacun reprend ses petites activités. Alice, déjà féru de golf, participe à un tournoi à Hawaï ; Michael Bruce continue de travailler à ses projets solo ; Glen Buxton disparaît dans la jungle pendant près de six semaines (!!) et les deux autres se reposent. 

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

DISCOGRAPHIE ALICE COOPER GROUP  :

 

Pretties for you (Straight, 1969) **

Easy Action (Straight, 1970) ***

Love it to Death (Straight/Warner, 1971) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Killer (Warner, 1971) ****1/2

School’s Out (Warner, 1972) ****1/2

Billion Dollar Babies (Warner, 1973) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Muscle Of Love (Warner, 1973) ***1/2

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF  :

  1. Alice Cooper « Hello Hooray » (Billion Dollar Babies, 1973)

  2. Alice Cooper « Unfinished Sweet » (Billion Dollar Babies, 1973)

  3. Alice Cooper « No More Mr Nice Guy » + « Raped And Freezin' » (Billion Dollar Babies, 1973)

  4. Alice Cooper « Big Apple Dreamin' » (Muscle Of Love, 1973)

  5. Alice Cooper « Son Of Billion Dollar Babies (Generation Landslide) » (outtake Billion Dollar Babies, 1973) +« Slick Black Limousine » (flexi-disc pour NME, 1972)

  6. Alice Cooper « Elected » + « Generation Landslide » (Billion Dollar Babies, 1973)

  7. Alice Cooper « Billion Dollar Babies » (Billion Dollar Babies, 1973)

  8. Alice Cooper « Muscle Of Love » (Muscle Of Love, 1973)

  9. Alice Cooper « Sick Things » + « Mary Ann » (Billion Dollar Babies, 1973)

  10. Alice Cooper « I Love The Dead » (Billion Dollar Babies, 1973)

 

Déjà paru :

BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

Fleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail Riders Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

"The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars" de David Bowie (17/11), "Hearts & Minds" de Hearts & Minds (18/11), Wild Turkey (19/11), FFS (Franz Ferdinand + Sparks) (20/11), …

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Asherton (Johan), Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sam Gopal, Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

Frank Zappa…

 

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