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ALICE COOPER part 4 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

15/11/2018

Chapitre 4 — Killer, School’s Out…

 

[Pour relire la 1ère partie, c'est par ici !…, la 2nde par là ! et la 3ème pas plus loin qu'ici !]

 

Si Love It To Death est l’album de l’éclosion et même le préféré de certains Cooperophiles acharnés (dont votre Goof de serviteur), il est clair que l’univers sonore s’étoffe avec la sortie de Killer, autrement plus abouti de bien des manières, notamment au niveau de la production. Des cuivres sur « Under My Wheels », des cordes sur « Dead Babies », du piano, de l’orgue, du mini-Moog (c’est Ezrin qui s’y colle, pour ce dernier) et même Rick Derringer en renfort pour quelques coups de guitare supplémentaires (sur « Yeah Yeah Yeah » et « Under My Wheels »), la palette est plus vaste, plus riche. Et le groupe n’en tourne pas pour autant le dos à ce qui avait créé la surprise moins d’un an auparavant (Killer paraît en novembre 71) : le fascinant autant qu’interminable « Halo Of Flies » (en réalité trois squelettes de chansons différents mis bout à bout par Alice avec le « Spider Theme » en colonne vertébrale) est un revers de ping pong à distance à « Black Juju », tandis que « Killer » et « Dead Babies » remettent en branle la machine à frissons de « Ballad of Dwight Fry ». 

 

Plus clairement, les chansons de Killer sont toutes sans exception taillées pour la route, comme le confirme Alice lui-même : « Chaque œuvre était de mieux en mieux définie et il nous fallait rechercher encore une meilleure cohésion, car c’était tout de même à chaque fois assez différent. Pour Killer, nous avions bénéficié d’un budget nous permettant de travailler dans de bonnes conditions. C’est tout naturellement qu’est venu s’installer le côté plus théâtral. Nous désirions avant toute chose représenter sur disque ce qu’était Alice Cooper sur scène ». 

 

Le serpent sur la pochette (Kachina) appartenait à Neal Smith et non à Vince. Quant au lettrage, il est de la main (gauche, alors qu’il est droitier !) de Dennis Dunaway !… À noter une nouvelle fois l’incompréhension du grand public (comprenez le monde adulte) par rapport à « Dead Babies », plaque tournante du concept de l’album avec « Killer » en final. Alice : « Le pire, c’est que bon nombre n’ont pas pigé que « Dead Babies » était dédié aux enfants. Le sujet en était des parents qui faisaient attention à leur progéniture et non pas nous qui les assassinions. Je n’ai jamais eu de tendances meurtrières, mes acolytes non plus d’ailleurs ».

 

La tournée qui suit emmène pour la première fois le Alice Cooper Group outre-Atlantique (Alice seul, avec Shep Gordon, y avait déjà fait une escapade promo, en juin 71, allant notamment à l’encontre de Malcolm McLaren, dans son magasin « Let It Rock »). Le groupe se produit à Londres, au Danemark, en Allemagne, en Hollande, en Suisse et en France, pour une date unique à Paris. Le concert est prévu à l’Olympia, mais le propriétaire refuse de laisser le groupe y jouer !… Tant et si bien qu’il est reprogrammé en catastrophe au théâtre Pierre Cardin. Omar Sharif, Bianca Jagger et Alain Delon sont parmi le public, on imagine bien leur tête d’ici !

C’est pendant le « Killer tour » qu’est apparu le maquillage actuel (et mythique) d’Alice Cooper, appelé par l’intéressé le « clown make-up », maquillage jusqu’à ce moment-là plus proche de ce qu’on peut voir à l’intérieur de la pochette (originale et double) de l’album Love It To Death. Premiers concerts par ailleurs avec les ballons géants et la potence (fabriquée par Warner Bros spécialement pour son nouveau groupe fétiche). 

 

Autre ajout de taille, le morceau « School’s Out », d’abord présent au début de la tournée, en version instrumentale sous forme d’excroissance à « Long Way To Go » et sujet de jams diverses et variées ; puis, quand les paroles furent ajoutées (et le titre sorti en single), en tant que tel, au début du rappel. 

 

Tandis que les premiers disques d’or pleuvent (Killer, Love It To Death et juste après sa sortie School’s Out), le groupe continue de subir les foudres de la censure. Carrément interdit en Angleterre, il est par ailleurs à l’origine de messes pour le moins curieuses, aux États-Unis, pendant lesquelles les disques du groupe sont brûlés (ce qui fait également marcher le commerce, vous en conviendrez !).

 

School's Out paraît en juillet 72. Première (bonne) surprise : le groupe, qui aurait pu opter pour un format plus pop apte à passer en radio (à la manière du morceau-titre, énorme succès depuis plusieurs mois), n’a pas tourné le dos à ses premières amours. L’album, aussi magnifiquement arrangé et produit qu’il est (avec cuivres et la même armada que sur Killer, les deux étant assez proches, soniquement parlant), n’en demeure pas moins constellé de moments de pure folie. On y remarque aussi une plus grande variété d’approche, que ce soit avec « Grande Finale » et « Gutter Cat Vs The Jets », clin d’œil aux saloperies de comédies musicales de l’époque, West Side Story en tête de file ; ou « Blue Turk » et ses consonances légèrement jazzy. 

Parmi les invités, à noter la première apparition de Dick Wagner à la guitare (sur « My Stars », dont les incessants changements d’accords était un casse-tête pour Bruce et Buxton) et celle de Rockin’ Reggie Vincent (voix et/ou guitare) sur quatre titres.

 

La pochette originelle est un collector, le disque était contenu dans une culotte en papier (trois couleurs possibles : blanc, bleu ou rose), une version promo ultra rare existant (aux US only) avec des porte-jarretelles. Le groupe arrivait ainsi à une espèce de cohésion complète, entre le live, le studio et l’objet lui-même, au grand malheur des fabricants, qui s’en tiraient un peu plus les cheveux à chaque fois (et ça n’allait pas s’arranger avec Billion Dollar Babies, ses photos à découper et son billet inséré !)… 

 

À noter que le bureau qui a été utilisé pour la pochette et sur lequel chaque membre du groupe a gravé son nom, est exposé désormais au Hard-Rock Café de Berlin. 

 

Quant au titre, il provient d’une réplique d’un vieux film des Bowery Boys, Angels In Disguise, dans lequel l’un des personnages dit : « speaking of books, school is out »… Toujours à propos de ce titre-phare de la discographie cooperienne, ultime précision du chanteur : « À l’école, j’avais été marqué par une sensation que je ressentais à chaque fin de cours, quand j’avais le prof en face de moi, au milieu de ces quatre murs, c’était bizarre… « School’s Out », c’est simplement cet orgasme qui te prend les tripes quand la sonnerie retentit, pour la toute dernière fois, avant les grandes vacances… L’idée globale était de réunir les kids du monde entier sous une même bannière, de supprimer les barrières linguistiques et culturelles en allant à l’essentiel… ». Et ça a marché, même plus que prévu, le morceau devenant un hit instantané aux quatre coins du monde et demeurant aujourd’hui encore un incontournable réclamé par les fans à chaque concert. 

Qui dit nouvel album, dit nouvelle tournée, celle-ci étant aussi dense (en dates, quasiment cinq concerts par semaine, sans discontinuer) que d’une belle décadence, avec par exemple ce concert à l’Hollywood Bowl où le groupe avait décidé de faire envoyer par hélicoptère des milliers de culottes (18.000 pour être tout à fait précis), dans la foule. Résultat : un surcoût de près de 100.000 dollars, incluant les diverses aides financières offertes au pilote, qui fit plusieurs mois de prison —c’était bien sûr totalement illégal— et perdit son boulot !…

 

Alice Cooper ne fait plus rien comme tout le monde. En Hollande, à la place de la sempiternelle conférence de presse, il décide d’organiser un tournoi de ping-pong !… Un peu plus tôt (début novembre 72), le groupe au plus ou moins grand complet avait passé une bonne semaine aux studios Morgan de Londres, à picoler et enregistrer tout et n’importe quoi, en compagnie de nombreux artistes dont Marc Bolan, Keith Moon, Harry Nlisson, Flo et Eddie, Donovan ou le bassiste Rick Gretch (Blind Faith). Une légende tenace évoque des versions différentes du Alice Cooper Group par ce groupe de rêve, mais il n’en est rien, comme le confirmera plus tard Bob Ezrin, d’ailleurs bien dégoûté de ne rien pouvoir tirer de cette réunion de pochetrons. Too bad !… 

 

À noter peu après, du côté de nous autres bouffeurs de grenouille, deux concerts le même jour, à l’Olympia, le 13 novembre (avec Flo et Eddie en ouverture, comme sur une bonne partie de la tournée européenne)… Une anecdote cocasse, d’une « party » s’étant a priori déroulée en France, fin 72 : Alice aurait demandé à tous ces convives de se déguiser en… Raquel Welch !… Parmi ceux-ci, il y avait, paraît-il, Omar Sharif (décidément, il insiste !), Jeanne Moreau et Charlie Watts !…

 

Les premiers problèmes dus à l’alcool se font sentir, surtout chez Glen Buxton, qui est hospitalisé plusieurs fois, en Angleterre, puis de retour aux États-Unis où on lui confirme que son pancréas est ruiné et que, s’il veut vivre, il ne devra plus jamais boire une goutte d’alcool !… Tous ses proches confirmeront qu’à compter de ce jour, il n’a plus jamais été tout à fait le même. Alice, lui-même confronté à un alcoolisme record (une caisse de bière et deux bouteilles de whisky par jour, selon ses propres dires) part se reposer en Jamaïque pour les fêtes de fin d’année.

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

DISCOGRAPHIE ALICE COOPER GROUP  :

 

Pretties for you (Straight, 1969) **

Easy Action (Straight, 1970) ***

Love it to Death (Straight/Warner, 1971) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Killer (Warner, 1971) ****1/2

School’s Out (Warner, 1972) ****1/2

Billion Dollar Babies (Warner, 1973) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Muscle Of Love (Warner, 1973) ***1/2

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF  :

  1. Alice Cooper « School's Out » (School's Out, 1972)

  2. Alice Cooper « Halo Of Flies » (Killer, 1971)

  3. Alice Cooper « Be My Lover » + « Desperado » (Killer, 1971)

  4. Alice Cooper « My Stars » (School's Out, 1972)

  5. Alice Cooper « You Drive Me Nervous » (Killer, 1971)

  6. Alice Cooper « Luney Tune » (School's Out, 1972)

  7. Alice Cooper « Under My Wheels » (Killer, 1971)

  8. Alice Cooper « Dead Babies » + « Killer » (Killer, 1971)

  9. Alice Cooper « Public Animal #9 » (School's Out, 1972)

  10. Alice Cooper « Alma Mater » + « Grande Finale » (School's Out, 1972)

 

Déjà paru :

BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

Fleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail Riders Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Alice Cooper (Group) (12 au 16/11 inclus !), "The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars" de David Bowie (17/11), "Hearts & Minds" de Hearts & Minds (18/11), Wild Turkey (19/11), FFS (Franz Ferdinand + Sparks) (20/11), …

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Asherton (Johan), Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sam Gopal, Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

Frank Zappa…

 

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