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ALICE COOPER part 3 (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

14/11/2018

Chapitre 3 — Bob Ezrin entre dans la partie…

 

[Pour relire la 1ère partie, c'est par ici !… et la 2nde par là !]

 

Afin d’honorer une autre des clauses du contrat les liant à Straight (la livraison du troisième album avant le 1er mai !), le groupe (dont la base est un temps située à Detroit, à un autre moment à Cincinnati) tourne peu pour promouvoir Easy Action, participant quand même au « Medicine Ball Caravan » (avec des gens comme B.B. King ou les Youngbloods, voir le film produit par un certain… Scorsese !) et enchaîne avec la composition puis l’enregistrement de ce qui va devenir le premier classique d’une longue série, Love It To Death (paru en février 71, après un premier single, « Eighteen »/« Body » —les titres sont effectivement raccourcis sur le 45 tours, en novembre 70).  

 

Alice : « Quand nous avons rencontré Bob Ezrin, il nous a dit que l’énergie que nous déployions était terrifiante, mais que nous n’avions malheureusement pas « le son » et que, sans ce son, on ne pouvait espérer frapper un grand coup. Nous avions une attitude et une démarche bien personnelles, mais pas d’identité sonore. Nous étions éparpillés. Lui proposait de faire le ménage là-dedans et il nous a donné le plus qui nous manquait. C’est assurément l’un des facteurs les plus importants de notre éclosion. Nous recherchions cette distinction primordiale depuis un bon bout de temps et puisque nous en avions pigé les tenants et les aboutissants, nous étions allés nous enfermer dans un studio pendant six mois, pour bûcher sept jours sur sept, dix heures par jour, sur ce qui allait devenir petit à petit Love It To Death… ».

 

Sur ce disque, Ezrin a su tirer le meilleur de chacun, éclatant le groupe : « Caught In A Dream » et « Long Way To Go » sont crédités à Michael Bruce seul, « Black Juju » —qui sera de l’aveu de tous leur seul morceau jamais enregistré 100% live en studio— à Dennis Dunaway, « Halloweed Be My Name » à Neal Smith et « Second Coming » à Alice Cooper

 

Neal Smith : « Les deux morceaux avaient été écrits séparément. Je pense qu’ils étaient aussi bons d’un seul tenant que tout le reste du matériel présent sur Love It To Death. Ce disque est cohérent d’un bout à l’autre. J’ai eu une éducation très religieuse et ça a influencé « Hallowed Be My Name », de même que c’était déjà ma première inspiration pour la chanson « Apple Bush » que j’avais écrite pour Pretties For You. Peut-être Vince lui-même a inclus à « Second Coming » une part de sa propre éducation religieuse, ce qui induit quelques similarités entre les deux parties. C’est sans doute cela qui a fait que Bob Ezrin les a mises bout à bout, de la même façon que c’était son idée d’avoir « Ballad Of Dwight Fry » accolé à « Second coming »… ».

 

Deux choses propulsèrent immédiatement Alice Cooper dans les hautes sphères des charts. La première, ce fut un single digne de ce nom, « I’m Eighteen » (le morceau s’était un temps appelé « I Wish I Were Eighteen Again », mais jamais « I’m Edgy » comme ça a pu être rapporté, suite à une erreur de compréhension de Bob Ezrin, lorsqu’il assista à son premier concert du groupe au Max’s Kansas City de New York, en septembre 70). Et cette bonne vieille dame fripée qu’est la censure, qui interdit la première version de la pochette (où l’on voit Alice simuler une érection avec un doigt ; oulala, c’est vrai que ça fait peur !)…

 

Alice : « Je ne sais pas s’il y avait vraiment de quoi contrarier les gens, c’était plutôt fait dans un esprit grand guignol… Je crois que la vraie surprise est venue du fait que personne n’avait jamais entendu quoi que ce soit de comparable. À l’écoute de « Ballad Of Dwight Fry » ou « Hallowed Be My Name », chacun a fait la connaissance d’un univers musical totalement différent. Quant au succès de « I’m Eighteen », je crois qu’il est simple à analyser : nous représentions aux yeux des parents du monde entier tout ce qu’ils haïssaient et c’est pourquoi tous les gosses se sont précipités sur nos disques ». 

 

Concernant « Ballad Of Dwight Fry » (Dwight Fry était un acteur habitué des classiques fantastiques d’Universal, il est Reinfield dans le Dracula de 1931, Fritz dans le Frankenstein de la même année, Karl dans La Fiancée de Frankenstein quatre ans plus tard, etc.), des rumeurs ont circulé sur la voix féminine, certains la prêtant même à Alice sous l’effet de l’alcool (!!). Il s’agit en fait d’une amie du groupe, Monica Lauer, qui approchait de ses vingt ans au moment de l’enregistrement (pas une enfant non plus, donc). 

 

Autre anecdote, concernant le titre final, « Sun Arise », une reprise de l’australien Rolf Harris (qui plus tard présentera en Angleterre l’équivalent british de l’émission « 30 millions d’amis » !) : la femme que l’on entend aux chœurs était la femme de ménage du studio. Ezrin et Alice l’avaient entendu chanter à travers la cloison et l’avaient invité à participer à la session !…

 

Démarre ensuite le « Love it to Death Tour », à la set list assez ramassée (en général : « Sun Arise », « Caught In A Dream », « I’m Eighteen », « Is It My Body »/« My Very Own », « Second Coming »/« The Ballad Of Dwight Fry », « Black Juju » et « Return of the Spiders », quasiment toujours dans cet ordre-là). Le premier, par ailleurs, avec bon nombre des passages obligés des grandes tournées à suivre : la chaise électrique, le serpent, la camisole de force et l’infirmière. Cette dernière était alors personnifiée par Cindy Smith (la sœur de Neal), bientôt Cindy Bruce (la femme de Michael), future « dent géante » par ailleurs, pour le « Billion Dollar Babies tour », ça en jette sur un CV, ça, ma brave dame !…

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

DISCOGRAPHIE ALICE COOPER GROUP  :

 

Pretties for you (Straight, 1969) **

Easy Action (Straight, 1970) ***

Love it to Death (Straight/Warner, 1971) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Killer (Warner, 1971) ****1/2

School’s Out (Warner, 1972) ****1/2

Billion Dollar Babies (Warner, 1973) ***** — À ÉCOUTER EN PRIORITÉ

Muscle Of Love (Warner, 1973) ***1/2

 

 

LA SÉLECTION DU GOOF  :

  1. Alice Cooper « Caught In A Dream » (Love It To Death, 1971)

  2. Alice Cooper « Black Juju » (Love It To Death, 1971)

  3. Alice Cooper « Under My Wheels » (Killer, 1971)

  4. Alice Cooper « Is It My Body »  (Love It To Death, 1971)

  5. Alice Cooper « Hallowed Be My Name » (Love It To Death, 1971)

  6. Alice Cooper « Long Way To Go » + « Sun Arise » (Love It To Death, 1971)

  7. Alice Cooper « I'm Eighteen » (Love It To Death, 1971)

  8. Alice Cooper « Dead Babies » + « Killer » (Killer, 1971)

  9. Alice Cooper « Second Coming » + « Ballad Of Dwight Fright » (Love It To Death, 1971)

  10. Alice Cooper « Halo Of Flies » (Killer, 1971)

 

Déjà paru :

BangBlackfire — Black Pearl — Blodwyn Pig — Blue Ash ("No More No Less", 1973) — Bohemian Rhapsody (biopic, rock et cinéma) ;

CactusCaptain Beyond — Cheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Fuegos (The) — Del Lords (The)

Fleetwood Mac (1/2) — Fleetwood Mac (2/2) ;

Ginhouse (Ginhouse, 1971) Gods (The) ;

Hawkins (Taylor) & The Coattail Riders Hoodoo Gurus ;

Kak (Kak, 1969) ;

Little Bob ("Lost Territories", 1993) London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2)Marriott (Steve) (2/2) — McFadden (Eric) — Moore (Gary) (Blues For Greeny, 1995) ; Mother Tongue ("Mother Tongue", 1994)

Peer Günt ;

Rave-Ups (The) Reed (Lou) ;

Sheriff (Les)Smithereens (The) — Spedding (Chris) ;

Taylor (Roger) (1/2)Taylor (Roger) (2/2)

Unforgiven (The) ("The Unforgiven", 1986) ;

Variations (Nador, 1969) 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Alice Cooper (Group) (12 au 16/11 inclus !), "The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars" de David Bowie (17/11), "Hearts & Minds" de Hearts & Minds (18/11), Wild Turkey (19/11), FFS (Franz Ferdinand + Sparks) (20/11), …

 

À suivre (par ordre alphabétique, mais dans le désordre d'arrivée —et entre autres) ces prochaines semaines (et mois !!!) :

Adam & The Ants, The Angels (AUS), Art, Asherton (Johan), Atomic Rooster…

Balaam and the Angel, Be-Bop Deluxe, Big Country, Blue Cheer, BoDeans, Brodie (Dan), Buffalo, Bull Angus…

The Cars, Cave (Nick), The Celibate Rifles, The Chameleons (UK), The Churchills, Concrete Blonde, The Cramps…

Dictators, Died Pretty, Dirty Ray, DMZ, Dramarama…

54.40, Fixed Up, Free, Freedom, Frijid Pink…

Georgia Satellites, Golden Smog, Grand Funk Railroad, Granicus, Grant-Lee Buffalo, The Greatest Show On Earth, Green On Red, Guadalcanal Diary, Gun (60's)…

Hanoi Rocks, Harvey (Alex), Hawkwind, Hell's Kitchen, Hiatt (John), High Tide, The Hitmen, Hooters, Husker Du…

Idle Race, Immaculate Fools…

The Jam, Jason & The Scorchers, Jellybread, Jeronimo, Jesus Volt, The J. Geils Band, The Johnnys, Josefus, Juicy Lucy… 

Kashmir (Danemark), Kid Pharaon…

Louie & The Lovers…

Masters Apprentices, McMurty (James), Modern Lovers, Mother Superior, The Move, Mungo Jerry, Music Machine…

Omar & The Howlers, The Only Ones…

Patto, Pink Fairies, The Primevals, Prince, The Proclaimers…

Quill…

The Rainmakers, Todd Rundgren…

Sam Gopal, Joe Satriani, Sharks, Shoulders, Silencers, Slade, Smack, Steamhammer, Stems, Stray…

Television, Tempest, Ten Years After, Les Thugs, T.I.M.E, Titanic, Toe Fat, T2, Tucky Buzzard, TV Smith…

UFO…

The Wallflowers, Webb Wilder, Wire Train, World Party, Steve Wynn…

The Yayhoos, Young (Neil)…

Frank Zappa…

 

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