© 2019 Radio Perfecto | vie privée

FLEETWOOD MAC (2/2)(L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

19/10/2018

Légende du blues boom anglais à la fin des années soixante, pilier FM dix ans plus tard, Fleetwood Mac ou l’aventure mouvementée d’un groupe en perpétuelle évolution…

 

Pour lire la première partie, c'est ici !

 

En 1972 sort Bare Trees. Danny Kirwan refuse de participer à la nouvelle tournée, il sera le premier membre du groupe a être viré (il enregistrera plusieurs disques avec DJM avant de finir en asile psychiatrique —il décèdera bien plus tard, en juin 2018). Son remplaçant se nomme Bob Weston (collaborateur de longue date de Long John Baldry), il rejoint Fleetwood Mac en même temps que le chanteur Dave Walker (ex-Savoy Brown) qui ne restera que le temps de l’enregistrement de Penguin. Sorti l’année suivante —avec une participation éclair de Green— l’album marque le début d’un renversement de situation : le public américain est de plus en plus nombreux à suivre la troupe, alors que les Anglais les boudent progressivement. Cela ne fait qu’empirer avec l’album Mystery To Me et le groupe décide de s’établir en Californie au début de l’année 74.

 

Entre-temps, il leur arrive quand même pas mal de choses (n’allez pas croire que tout s’éclaircit déjà !) : Weston est viré pour de sombres histoires de galipettes à caractère sexuel avec la femme de Fleetwood, le groupe décide de mettre un terme à la tournée en cours et le manager de l’époque (Clifford Davis) monte un faux Fleetwood Mac band (ils se feront ensuite appeler Stretch pendant un temps) pour se charger des dates restantes, entraînant la bataille juridique que vous imaginez.

 

Une fois toutes ces histoires légales terminées, le groupe sort le moyen Heroes Are Hard To Find, dont la commercialisation coïncide avec le départ de Bob Welch. En visite au Sound City Studios de Van Nuys, en Californie, pour un éventuel enregistrement à venir, Fleetwood entend un morceau  du duo Buckingham & Nicks (anciens co-leaders de Fritz). La rencontre avec Lindsey Buckingham, présent dans les locaux, se fait immédiatement et après avoir également discuté le bout de gras avec Stevie Nicks, le duo intègre Fleetwood Mac pour son dixième line-up différent (!!).

 

En 1975, sortie aux States d’enregistrements datant de 1967-69, Vintage Years, mais surtout nouveau départ pour le groupe avec la sortie d’un premier album avec la nouvelle formation, sobrement et symboliquement intitulé Fleetwood Mac, avec des compositions de Christine McVie et du duo Buckingham/Nicks. Le fossé est immédiatement creusé avec la période blues, la grosse production est désormais de rigueur, les couches de claviers se font plus importantes, l’ensemble est plus carré, davantage pro —non, ça n'est pas nécessairement un compliment. L’album fait rapidement son chemin et est finalement confirmé disque de platine, quinze mois après sa sortie.

 

Début 77, Peter Green n’a plus toute sa tête (il refuse des gros chèques de royalties et il semble surtout avoir été troublé par son récent emploi de… fossoyeur !) et est interné en hôpital psychiatrique, tandis que les problèmes personnels des membres du groupe s’accumulent (les Fleetwood ont entamé leur procédure de divorce, les MacVie se sont séparés et les relations entre Buckingham et Nicks ne sont pas au beau fixe). Heureusement, les résultats commerciaux sont tout autres, puisque le nouvel album Rumours est le plus gros succès du groupe à ce jour : plus de 40 millions d’exemplaires vendus, 130 semaines de présence dans les charts US et 478 semaines (un record !) dans les charts UK (au mieux numéro 1 dans les deux cas) et « album de l’année » pour les 20 ans des Grammy Awards.

 

Une tournée estivale est bouclée en 78, puisque le groupe se lance dans la super production Tusk au budget record de plus d’un million de dollars. Un double album remarquable, d’autant plus que Buckingham, principal compositeur cette fois-ci, s’est battu contre vents et marées commerciales pour ne pas tomber dans la facilité d’un Rumours bis repetita. Le succès on ne peut plus conséquent de Tusk est tout à son honneur. De son côté, Peter Green retrouve ses esprits et le chemin des studios où il enregistre successivement In The Skies et Little Dreamer.

 

L’année suivante (1980) paraît le fameux Fleetwood Mac Live, bourré à craquer de classiques, toutes périodes confondues. Chacun s’autorise alors sa parenthèse en solitaire : Mick Fleetwood enregistre The Visitor au Ghana, Stevie Nicks s’entiche d’un très intéressant (quoiqu’un peu trop FM) Bella Donna et Lindsey Buckinghman nous joue la démonstration tranquile avec son Law And Order

 

Après trois longues années de désertion de studio, Fleetwood Mac sort Mirage, un album inégal, symptomatique du désir de chacun de s’occuper plutôt de sa carrière perso. S’ensuit une longue période de doute où chacun végète plus ou moins de son côté.

Ce n’est que fin 1986 que se réunissent à nouveau  Buckingham et les deux McVie, à la demande de Christine qui a besoin d’aide pour l’enregistrement de la musique du nouveau film de Blake Edwards dont elle a la charge. Tout le monde se retrouve ensuite dans le petit studio de Buckingham à Bel Air pour l’enregistrement de Tango In The Night qui sort en avril 1987 et rejoint rapidement Rumours pour ce qui est de devenir multi-platines dans de nombreux pays, avec les millions d'exemplaires écoulés qui vont bien avec. Seul hic : le père Buckingham est viré pour son refus de partir en tournée promo avec le reste de la troupe.

 

Le groupe répète en secret avec Billy Burnette (fils de Johnny Burnette, star rockabilly devant l’éternel et auteur d’un intéressant album sous son nom) et le dénommé Rick Vito, mais finalement Buckingham changera d’avis et embarquera avec ses acolytes pour une tournée américaine triomphale, avant de reprendre le chemin de sa florissante carrière. Burnette et Vito ne rejoignent donc le groupe qu’au mois d’août 1988 pour les parties européenne et australienne de la tournée Shake The Cage.

 

Par la suite, la discographie du groupe ressemble surtout à un empilage sans fin de compilations, BBC Sessions et autres albums live (dont beaucoup concernent la période blues de Green, forcément plus saisissante sur scène —citons tout de même l'exceptionnel Shrine '69, qui sort en 1999), avec seulement trois nouveaux albums studio en seulement autant de décennies, tous plus moyens les uns que les autres, à savoir Behind The Mask (1990), Time (1995) et Say You Will (2003). 

 

Côté Line-Up, après une longue période sans changement majeur, si ce n'est le départ puis retour de Christine McVie une quinzaine d'années plus tard (!), la grosse actualité de 2018 c'est l'arrivée (doublement surprenante) dans ses rangs de Neil Finn (Crowded House) et Mike Campbell des Heartbreakers de Tom Petty, pour palier au départ de Buckingham. Pour ce qui est de pouvoir entendre de nouvelles chansons, c'est un peu l'arlésienne, Fleetwood ayant déjà promis des brouettes de nouvelles compositions en 2015-2016…

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

DISCOGRAPHIE STUDIO (2ème partie) :

 

— Bare Trees (1972) ***1/2 

— Penguin (1973) ***

— Mystery To Me (1973) ***1/2

— Heroes Are Hard To Find (1974 ) **1/2

— Fleetwood Mac (1974)  ***1/2

— Rumours (1977 ) ****

— Tusk (1979 ) ***1/2

— Mirage (1982) **1/2 

— Tango In The Night (1987 ) ***

— Behind The Mask (1990)  **1/2

— Time (1995 ) **1/2

— Say You Will (2003 ) ***

 

 

LA SÉLECTION DE P-JAY (FLEETWOOD PÉRIODE POST-PETER GREEN)  :

(P-Jay, qui a assuré l'intérim pour le Goof avec, bande de petits veinards, ses annotations en prime !)

  1. « Big Love » (Tango In The Night, 1987) pour les recherches sur les vocaux

  2. « What Is The World Coming To » (Say You Will, 2003) pour la voix de Buckingham

  3. « Peacekeeper » (Say You Will, 2003) même commentaire

  4. « Steal your heart away » (Say You Will, 2003) mon cœur de midinette.

  5. « Don’t Stop » (Rumours, 1977) pour éviter une émeute

  6. « Go Your Own Way » (Rumours, 1977) idem

  7. « Peacekeeper » (Say You Will, 2003) pour Buckingham

  8. « Sleeping Around The Corner » (Lindsey Buckingham Christine McVie, 2017)

  9. « Red Sun » (Lindsey Buckingham Christine McVie, 2017)

  10. « Carnaval Begin » (Lindsey Buckingham Christine McVie, 2017) clairement de très loin le meilleur morceau de l’album.

 

Déjà paru :

Bang ; Blue Ash ("No More No Less", 1973) ;

CactusCheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Lords (The)

Hoodoo Gurus ;

London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2) ; Marriott (Steve) (2/2) ; 

Sheriff (Les)

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Blues For Greeny de Gary Moore (20/10), "Mother Tongue" de Mother Tongue (21/10), Chris Spedding (22/10), Peer Gunt (23/10), Blodwyn Pig (24/10), Taylor Hawkins & The Coattail Riders (25/10), The Del Fuegos (26/10)…

 

À suivre (dans le désordre et entre autres) ces prochaines semaines :

Eric McFadden, The Smithereens, Wild Turkey, Atomic Rooster, Lou Reed, Les Thugs, Adam & The Ants, The Greatest Show On Earth, Mother Tongue, Little Bob, Todd Rundgren, Captain Beyond, Kak, Dramarama, The Hitmen, Steve Wynn, Louie & The Lovers, The Rave-Ups, Webb Wilder, Fixed Up, Kid Pharaon, Frank Zappa, Sharks, Joe Satriani, Big Country, The Wallflowers, Kashmir (Danemark), Jason & The Scorchers, Balaam and the Angel, The Gods, Mother Superior, Georgia Satellites, Blackfire, The Rainmakers, BoDeans, UFO, Tucky Buzzard, The Unforgiven, Tempest, Television, Modern Lovers, The Primevals, Freedom, DMZ, Grant-Lee Buffalo, Jellybread, High Tide, Black Pearl, Guadalcal Diary, The Proclaimers, John Hiatt, Jeronimo, Green On Red, The Replacements, The Yayhoos, Titanic…

 

À venir également sur Radio Perfecto :

— 10/11 : retransmission du concert de Little Bob & The Blues Bastards depuis le Magic Mirrors du Havre.

Partager sur Facebook
Partager sur Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

VIETNAM "VIETNAM" (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO

03/03/2019

1/10
Please reload

Posts Récents
Please reload

Archives
Please reload

RSS Feed