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FLEETWOOD MAC (1/2)(L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

18/10/2018

 

Légende du blues boom anglais à la fin des années soixante, pilier FM dix ans plus tard, Fleetwood Mac ou l’aventure mouvementée d’un groupe en perpétuelle évolution…

 

Tout débute au milieu des années 60. Peter Green et Mick Fleetwood jouent dans The Looners puis Shotgun Express (avec un certain Rod Stewart). En juillet 66, Peter remplace au pied levé Eric Clapton au sein des fameux Bluesbreakers de John Mayall. Son compère Mick le rejoint au mois d’avril suivant, le groupe se composant alors de Mayall, Green, Fleetwood et du bassiste John McVie. L’entente entre McVie, Green et Fleetwood est parfaite, mais Mayall, dont le caractère est ce qu’il est (comprendre au mieux taciturne, au pire insupportable !), vire illico les deux derniers arrivants après à peine quatre semaines de collaboration.

 

Qu’à cela ne tienne, deux petits mois suffisent à nos deux larrons pour retomber sur leurs pattes via la première mouture du Fleetwood Mac sous forme de quatuor : Green, Fleetwood, le dénommé Bob Brunning à la basse et Jeremy Spencer (ancien membre de The Levi Set Blues Band) en second guitariste. Avant la fin de l’été arrivent de nouveaux rebondissements, puisque pour leur toute première prestation live au Windsor Jazz & Blues Festival (12 août), McVie, viré à son tour des Bluesbreakers, prend la place de Brunning, parti fonder son Sunflower Brunning Blues Band. Va falloir suivre, et ce n'est pas fini !

 

 Le groupe est rapidement signé par le label Blue Horizon de Mike Vernon et tandis qu’on les retrouve en backing band sur divers albums de l’écurie (Duster Bennett, Otis Spam, etc.), un premier single est enregistré (« I Believe My Time Ain’t Long), sorti en novembre 1967) sous le patronyme du Peter Green’s Fleetwood Mac with Jeremy Spencer. Le groupe multiplie les enregistrements, accumulant en plus des commandes de studio beaucoup de matériel pour ce qui allait être leur premier album éponyme (mars 68).

 

Le ton est donné : un blues proche de l’esprit du « Chicago sound », avec une petite touche de country rock (en particulier dû à l’apport du jeune Jeremy Spencer à la slide) et juste ce qu’il faut de psychédélisme pour consolider l’ensemble. En ligne de mire, le jeu incroyable de Peter Green, unique en son genre, mélange d’excentricité et de classicisme, de retenue et de dévergondage sonore, un Peter Green dont l’empreinte indélébile est toujours restée aussi forte, d’autant plus que quelques autres dieux de la six cordes (Santana, Jimmy Page, Gary Moore, Joe Perry, Jeff Beck, Eric Clapton…) se chargent régulièrement et respectueusement de rappeler au grand public l’importance de l’homme…

 

L’album est moyennement acclamé aux States, mais grimpe jusqu’à la quatrième place des charts anglais. Un nouveau single sort, « Black Magic Woman », repris plus tard avec succès par Santana, et le groupe s’enforme à nouveau en studio, d’où il ressort avec un second album (Mr. Wonderful, paru en septembre 68) et deux nouveaux membres : Christine Perfect qui pianote joyeusement tout en continuant à jouer dans son propre groupe Chicken Shack, et un troisième guitariste en la personne de Danny Kirwan (18 ans à peine, ex-Boilerhouse). Une première tournée américaine est organisée dans la foulée, avec, entre autres, une apparition fulgurante au Miami Pop Festival, en compagnie notamment de Steppenwolf et du Grateful Dead.

 

L’année 1969 démarre aussi fort avec la sortie du 45 tours « Albatross », un instrumental hallucinant et halluciné qui culmine tout en haut des charts UK et établit fermement la renommée du groupe sur tout le vieux continent. C’est le début d’une période de productivité intensive. Pas moins de quatre albums paraissent durant l’année 1969 : English Rose (US), Pious Bird of Good Omen (UK) qui réunit du vieux matériel de l’époque Blue Horizon, Then Play On qui marque leurs débuts chez Reprise records et Blues Jam At The Chess, une sélection de standards de blues disponible en deux volumes aux States et en un seul en Europe. Sur ces disques, comme sur les précédents et les suivants de la « première » période de Fleetwood Mac, on comprend mieux pourquoi Peter Green avait choisi les noms de sa section rythmique comme patronyme du groupe. McVie est incontestablement le meilleur bassiste blues rock de l’époque et Fleetwood ne passe jamais son tour lorsqu’il s’agit de jouer les tambourineurs frappadingues. Quant à Green lui-même, toujours aussi incisif, il se fait surtout remarquer à l’époque pour ses tenues de scène. En effet, ayant renoncé à la foi juive pour le christianisme (cf le morceau « Oh Well », sorti fin 69), il apparaît invariablement dans une grande robe blanche censée souligner sa nouvelle image messianique.

 

Spencer sort un premier album solo très réussi avec un Fleetwood Mac paraissant bien soudé en guise de backing band, mais rien ne va plus entre Peter Green et le reste du groupe. Il les quitte en pleine tournée européenne, à la fin d’un concert à Munich et sort en fin d’année son premier projet personnel, The End Of The Game, tandis que Chrisine Perfect/McVie, élue meilleure chanteuse de l’année par le Melody Maker, rejoint définitivement le groupe. En l’absence de Green, Spencer est devenu principal compositeur, mais le premier album sous cette nouvelle configuration (Kiln House) n’est pas une réussite.

 

La tournée US qui suit prend une tournure surprenante avec le départ impromptu de Spencer. Parti acheter des journeaux, il ne réapparaîtra pas avant… deux ans (!), en tant que membre de la secte des Enfants de Dieu (!!) pour qui il enregistrera d’ailleurs l’album Jeremy Spencer And The Children Of God (!!!). Peter Green accepte de reprendre momentanément sa place afin que la tournée ne se finisse pas en fiasco complet, puis il reprend son propre chemin.

 

À la fin de ladite tournée, ayant perdu ses deux principaux compositeurs, Fleetwood Mac est au plus mal, mais ne se laisse pas aller pour autant. Un nouveau guitariste est rapidement déniché en la personne de Bob Welch, un américain ayant joué notamment avec James Brown et Aretha Franklin. Fleetwood Mac in Chicago, concert enregistré en 69, sort sur le territoire américain, suivi d'une nouvelle compilation, Black Magic Woman, de Future Games et d’un Greatest Hits réservé au territoire anglo-sason.

 

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

DISCOGRAPHIE (1ère partie) :

 

— Peter Green's Fleetwood Mac (1968) ****1/2 

— Mr Wonderful (1968) ****

— English Rose (1969) ****

— Then Play On (1969 ) ****1/2     —> À ÉCOUTER EN PRIORITÉ <—

— The Pious Bird of Good Omen (1969 ) ****

— Kiln House (1970)  ***1/2

— Black Magic Woman (1971 ) ****

— Future Games (1971 ) ***1/2

— The Original Fleetwood Mac (1971) ****1/2 

— Fleetwood Mac Greatest Hits (1971 ) ****

 

 

LA SÉLECTION DE P-JAY (FLEETWOOD MAC PÉRIODE PETER GREEN)  :

(P-Jay, qui a assuré l'intérim pour le Goof avec, bande de petits veinards, ses annotations en prime !)

  1. « Black Magic Woman » (English Rose, 1969) pour que tout le monde comprenne bien que Santana ne l’a pas inventée celle-là !

  2. « Rattleshake Snake » (Rattleshake Snake, Live in Boston, 1985) enregistré lors des fameuses tea parties. J’ai hésité avec la version studio mais bon…

  3. « The Green Manalishi ( with the Two Prong Crown) » (Then Play On, 1969, bonus track sur l'édition remastered de 2013) qui montre tout le génie et l’avant gardisme de Green…

  4. « If You'll Be My Baby » (Shrine '69, 1999) avec Green à son sommet et le meilleur son de Les Paul saturé que j’ai jamais entendu !

  5. « Something Inside Of Me » (Shrine '69, 1999) même commentaire que ci-avant, mais en plus la voix de Green presqu’aussi belle que sa guitare !

  6. « Rollin' Man » (Shrine '69, 1999) guitare plus voix dans cet album exceptionnel !

  7. « Homework » (The Complete Blue Horizon Sessions 1967-1969, 1999) petite trouvaille improvisée en studio et sur aucun album officiel que j’adore à cause du solo et du côté pop rare dans cette version du groupe…

  8. « Albatross » (Shrine '69, 1999) qui montre tout le génie et la créativité de Green. Là aussi j’ai préféré cette version live plus risquée.

  9. « Looking For Somebody » (Peter Green's Fleetwood Mac, 1968) morceau immortalisé par la suite par Gary Moore dans Blues for Greeny. Je n’ai pas pris « Jumping At Shadows » du même niveau qui est aussi également un des morceaux phare de Blues for Greeny (version incandescente).

  10. « Oh Well Part 1 and 2 » (Then Play On, 1969, version remasterisée combinant les versions UK et US de l’album, 2013) Pure génie.

 

Déjà paru :

Bang ; Blue Ash ("No More No Less", 1973) ;

CactusCheap Trick ("Cheap Trick", 1977)  ;

Del Lords (The)

Hoodoo Gurus ;

London Cowboys ;

Marriott (Steve) (1/2) ; Marriott (Steve) (2/2) ; 

Sheriff (Les)

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Fleetwood Mac 2ème partie (19/10), Blues For Greeny de Gary Moore (20/10), "Mother Tongue" de Mother Tongue (21/10), Chris Spedding (22/10), Peer Gunt (23/10), Blodwyn Pig (24/10), Taylor Hawkins & The Coattail Riders (25/10), The Del Fuegos (26/10)…

 

À suivre (dans le désordre et entre autres) ces prochaines semaines :

Eric McFadden, The Smithereens, Wild Turkey, Atomic Rooster, Lou Reed, Les Thugs, Adam & The Ants, The Greatest Show On Earth, Mother Tongue, Little Bob, Todd Rundgren, Captain Beyond, Kak, Dramarama, The Hitmen, Steve Wynn, Louie & The Lovers, The Rave-Ups, Webb Wilder, Fixed Up, Kid Pharaon, Frank Zappa, Sharks, Joe Satriani, Big Country, The Wallflowers, Kashmir (Danemark), Jason & The Scorchers, Balaam and the Angel, The Gods, Mother Superior, Georgia Satellites, Blackfire, The Rainmakers, BoDeans, UFO, Tucky Buzzard, The Unforgiven, Tempest, Television, Modern Lovers, The Primevals, Freedom, DMZ, Grant-Lee Buffalo, Jellybread, High Tide, Black Pearl, Guadalcal Diary, The Proclaimers, John Hiatt, Jeronimo, Green On Red, The Replacements, The Yayhoos, Titanic…

 

À venir également sur Radio Perfecto :

— 10/11 : retransmission du concert de Little Bob & The Blues Bastards depuis le Magic Mirrors du Havre.

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