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BANG (L'ENCYCLOPÉDIE ROCK RADIO PERFECTO)

08/10/2018

 

Et hop, le Goof que je suis débarque sur Radio Perfecto, avec pour mission première (bien évidemment, d'autres surprises suivront… "restez branchés" comme ne disent plus les jeunes) de vous concocter au quotidien (et ce tous les matins à 7 heures pétantes, 365 jours par an !) une encyclopédie rock que vous pourrez savourer en parallèle à l'antenne, par cages à miel interposées…

 

Une mission que j'ai acceptée sans sourciller le moins du monde —et puis d'abord même pas peur !— tant elle m'a semblé être le prolongement naturel de mes intentions et actions éditoriales d'hier ou même d'avant-hier (pour ceux qui me suivent depuis mes balbutiements rock'n'rolliens), qu'elles soient de partage, de prescription et/ou de découverte lorsque je dirigeais les magazines que j'avais créés, en pole position desquels "Crossroads", dernière trublionesque revue musicale en date —qui aura vécu de sa belle vie pendant une bonne décennie (et 98 numéros en tout, pour la poignée de complétistes acharnés qui ne manqueront pas de lire ces lignes). 

 

Ainsi, chaque matin, dès potron-minet, vous pourrez lire mes âneries ici même, puis écouter votre radio préférée et profiter de notre sélection quotidienne de dix titres en lien direct avec ladite publication, chaque début d'heure à partir de 10 heures, après quoi la sélection dans son intégralité sera rediffusée in extenso, en soirée, à 23 heures. 

 

Du lundi au vendredi inclus, j'évoquerai les histoires de groupes, de musiciens, de producteurs, de lieux, d'événements, parfois sur plusieurs jours, sous forme de feuilleton, lorsque cela le nécessitera. Le week-end sera consacré à la mise en avant d'un album classique, culte ou mythique (le samedi) et à la découverte (le dimanche) d'un autre disque, quant à lui passé totalement sous les lignes radar au moment de sa sortie et demeuré méconnu depuis lors. 

 

 

Bon, et ce Bang alors ?

 

Tout ceci étant énoncé et expliqué dans le détail, il fallait bien une première fois, ainsi ai-je décidé après quelques mesures de valse-hésitation, de commencer par vous faire découvrir ce trio proto-heavy rock en provenance de Philadelphie, que peu connaissent et qui mérite amplement la modeste réhabilitation qui suit. 

 

Choix judicieux (si si) pour qu'aussi mon habituel "et bam !", expression que, vous verrez, j'utilise peu ou prou n'importe quand et pour n'importe quelle raison, puisse résonner d'un tonitruant "et bang !" introductif à cette chouette encyclopédie en devenir…

Bang fait partie de ces nombreux groupes formés dans la foulée de l'effervescence de Woodstock, dans son cas dès la fin du mois d'août 1969 (le festival s'étant déroulé du 15 au 18 août, pour rappel), à Philadelphie, où la paire composée de Frank Ferrara (basse et chant) et Frankie Glicken (guitare) s'échine dans bon nombre de combos locaux sans avenir, depuis leurs 16 ans respectifs. 

 

Les deux amis se connaissent sur le bout de médiator, mais ont envie de passer à la vitesse supérieure, ils en passent par une bête petite annonce pour recruter un batteur qui complèterait ce triangle sonique magique qu'on ne retrouve que dans les power trios. C'est rapidement chose faite et le premier auditionné sera le bon, en la personne de Tony Diorio, de dix ans plus âgé et même déjà "casé" avec femme et enfants. Qu'à cela ne tienne, ces trois-là sont immédiatement unis par et pour la musique et les répétitions s'enchaînent avec une belle régularité. 

 

Musicalement, le trio a été particulièrement marqué par deux premiers albums, celui de Grand Funk Railroad, On Time, paru en ce même mois d'août 1969, puis, de l'autre côté de l'océan, celui de Black Sabbath (qui sort en février 1970), qui devient leur ‘maître’-étalon et leur référent principal. De leur aveu, les séances de répétitions se succèderont avec une plus grande intensité dès la sortie de ce disque séminal, et d'ailleurs au début, faute de répertoire, ils se contenteront de reprendre les "Evil Woman", "N.I.B.", "Black Sabbath", "The Wizard" and co. 

 

 

Interrogé bien plus tard sur les premiers mois d'existence du groupe, Frank Ferrara déclarera qu'ils "travaillaient néanmoins d'arrache-pied à trouver leur propre son". Ce qui est certain, c'est qu'il partageait avec Grand Funk et le Sab' un son proto-heavy metal alors totalement embryonnaire.

 

Originalité de Bang dans sa façon de procéder, c'est le batteur, il est vrai beaucoup plus mature, qui écrivait toutes les paroles des chansons, après quoi les deux Frank imaginaient des riffs et des mélodies qui allaient bien avec. Puis, petit à petit, ils en sont venus de plus en plus à travailler de concert, à trois, mais avec toujours Tony Diorio comme unique parolier. 

 

Les choses se précisent durant l'été 1971, où le trio décide d'aller tenter sa chance en Floride. Alors qu'ils se sont arrêtés pour s'acheter du papier à rouler (sic), ils apprennent qu'un concert a lieu le soir même, à Orlando, avec en co-bill Deep Purple et les Faces. Ils décident alors de s'imposer littéralement en ouverture de show, roulent jusqu'à la salle de concert et interprètent quelques morceaux pour l'organisateur qui, bluffé, les signe immédiatement ! Et dans la foulée, le groupe s'est retrouvé à ouvrir pour des groupes aussi importants que The Doobie Brothers, Bachman Turner Overdrive, Three Dog Night et même leurs idoles de Black Sabbath ! Sans oublier que des futures pointures telles que Fleetwood Mac ou même Bruce Springsteen ont ouvert pour Bang —et non l'inverse !

 

 

Tout leur sourit en cet été ensoleillé de Floride et Capitol les signe… Ils déchantent rapidement, quand le label refuse de sortir leur premier album, un concept album de heavy psych rock qu'il juge bien trop ambitieux (et qui restera inédit plus de trois décennies !), mais Capitol croit tant en eux qu'il signe immédiatement un second chèque pour un nouvel enregistrement. Ce sera celui de leur album éponyme, qui paraît fin 71, suivi bientôt de deux autres (Mother/Bow To The King en 72 et Music en 73), où ils font preuve d'une belle constance et même d'une virevoltante créativité. 

 

Malheureusement, cela ne prend pas en radio (seul le titre "Questions" sur Bang, accroche une 90ème place au Billboard !) et le contrat avec Capitol est rompu après publication de deux singles ne figurant sur aucun album (en 1973 et 1974), et même un troisième ("Make Me Pretty") qui, bien que considéré par Tony Diorio comme son morceau préféré, ne sortira même pas. Et comme c'est malheureusement souvent le cas en pareille mésaventure, le groupe splitte… 

 

 

Et puis, bien des années plus tard, le nom du trio commence à circuler parmi les amateurs de stoner rock, pour qui Bang est une pierre angulaire formatrice du genre, et ses disques sont de plus en plus recherchés. Le groupe ouvre un site internet, d'abord plus par nostalgie qu'autre chose, reçoit de nombreux témoignages de sympathie, et finalement reprend le chemin des studios de répétitions, puis d'enregistrement. 

 

Un nouvel album, Return To Zero, qui porte bien son patronyme, voit le jour en catimini, au changement de millénaire, suivi d'un autre, The Maze, quatre ans plus tard, parallèlement à quoi leurs quatre albums du début des années 70 (dont l'inédit Death To The Country) sont réédités par deux. 

 

En 2010, c'est un superbe coffret qui sort, permettant enfin d'avoir au format CD les singles de 73-74, y compris "Make Me Pretty". Enfin, beaucoup plus récemment, est paru cette année sur le territoire nord-américain (mais ceux que ça intéresse le trouveront relativement facilement) un Best Of Bang de 18 titres d'excellente facture, disponible en version double LP ou CD digipak, avec même des notes de pochette signées du légendaire rock critic Sleazegrinder.

 

Christophe Goffette

www.goofprod.com

 

 

 

Discographie : 

 

Death Of A Country (enregistré en 1971, sorti en 2004 en bonus de la ressortie de "Music" puis dans le coffret "Bullets" en 2010, enfin à l'unité en 2011) ***1/2 

Bang (1972) ****1/2

Mother / Bow To The King (1972) ****

Music (1973) ***1/2

Return To Zero (2000) **

The Maze (2004) **1/2

 

 

La sélection du Goof :

  1. « Windfair » (Music, 1973)

  2. « Lions, Christians » (Bang, 1971)

  3. « Mother » (Mother/Bow To The King, 1972)

  4. « Death Of A Country » (Death Of A Country, 1971) 

  5. « Come With Me » (Bang, 1971)

  6. « Don’t Need Nobody » (Music, 1973)

  7. « Redman » (Bang, 1971)

  8. « Keep On » (Mother/Bow To The King, 1972)

  9. « Make Me Pretty » (Music, 1973)

  10. « Idealist Idealist » (Mother/Bow To The King, 1972)

 

 

À lire et écouter ces prochains jours :

Hoodoo Gurus (09/10), Steve Marriott (10 et 11/10), The Del Lords (12/10), Cheap Trick de Cheap Trick (13/10), No More No Less de Blue Ash (14/10)…

 

À suivre (dans le désordre et entre autres) ces prochaines semaines :

Cactus, London Cowboys, Blodwyn Pig, The Smithereens, Wild Turkey, Atomic Rooster, Chris Spedding, Peer Gunt, Lou Reed, Fleetwood Mac, Les Thugs, Adam & The Ants, The Greatest Show On Earth, Mother Tongue, Les Shériff, Little Bob, Todd Rundgren, Captain Beyond, Kak, Dramarama, The Hitmen, Steve Wynn, Titanic, Louie & The Lovers, The Rave-Ups, Webb Wilder, Fixed Up, Kid Pharaon, Frank Zappa, Sharks, Joe Satriani, Big Country, The Wallflowers, Kashmir (le groupe danois), Jason & The Scorchers, Balaam and the Angel, The Gods, Mother Superior, Georgia Satellites, Blackfire, The Rainmakers, BoDeans, UFO…

 

À venir également sur Radio Perfecto :

— 13/10 : retransmission du concert de The Inspector Cluzo depuis le 106 de Rouen ;

— 10/11 : retransmission du concert de Little Bob & The Blues Bastards depuis le Magic Mirrors du Havre.

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